Pour sa 47e édition, Art Basel, la reine des foires, avait sélectionné parmi 30 % des candidatures émanant du monde entier 286 galeries présentant des œuvres couvrant les XXe et XXIe siècles. S’y promener, c’est prendre le pouls du marché de l’art le plus pointu, c’est ressentir les inclinaisons des collectionneurs, c’est se délecter du caviar de l’art actuel.

Nous avons été amusée de retrouver, comme à Art Brussels, plusieurs œuvres de Tony Cragg, de Giuseppe Penone, de Robert Longo. Peu de trash ; on ressent des envies de pureté, de nature, d’authenticité. L’esthétisme domine et le néophyte comme l’expert s’y sentent accueillis.

Unlimited

Autour de la célèbre rotonde dite The fair ont lieu d’autres événements d’envergure comme le très apaisant et magnifique Design Basel et aussi Unlimited. Unlimited, qui existe depuis cinq ans, est une plateforme unique de projets qui transcendent le concept traditionnel de stand de foire. Commisssionné par l’Américain Gianni Jetzer, l’événement vaut à lui seul le voyage car il est une magnifique manière de découvrir ou de voir d’un nouveau regard le travail d’artistes comme Ai Weiwei, Julie Mehretu, Laurie Simmons, Anish Kapoor, Chiharu Shiota, Tunga et Joseph Kosuth.

Nous avons choisi de vous décrire quelques mises en scène qui ont particulièrement retenu notre attention, même s’il est difficile de faire un choix parmi tant d’excellence. Pudique d’un premier abord et pourtant très puissante, la série de photos de Martha Rosler House beautiful : Bringing the War Home est un photomontage combinant des images datant des sixties issues de Life Magazine, montrant les mutilations de la guerre du Vietnam dans des intérieurs de la bourgeoisie américaine. Assister à la guerre depuis son canapé en cuir, rien n’a changé tant les médias ont envahi notre quotidien. Le travail de Jannis Kounellis, violent, montrant des portemanteaux en couteaux de boucher qui dénoncent la xénophobie et les guerres de religion, une autre triste actualité après l’assassinat de la liberté qui a le visage de l’héroïque députée britannique.

Plus joyeux, le superbe mur doré tissé de capsules d’aluminium d’El Anatsui et l’immense pavillon blanc d’Ai Weiwei, White House, montrant l’abandon progressif des structures traditionnelles en Chine au profit de l’industrialisation : un questionnement autour du rapport au passé et à l’ouverture au futur. Etonnant et d’une beauté mystique, notre fierté belge, Hans Op de Beeck, a créé The Collector’s House : une monumentale installation, véritable immersion dans un rêve grisé, intérieur néoclassique pétrifié et glacé nous prenant par tous les sens pour notre plus grand bonheur. Enfin, comment ne pas être une nouvelle fois subjugué par le travail de Chiharu Shiota, dont les centaines de valises surplombent nos têtes, suspendues aux célèbres fils rouges qui sont souvent sa marque de fabrique. Lien entre nos projections et notre réalité, entre nos voyages et notre actualité, nos espoirs et nos abandons.

www.artbasel.com

Richard Misrach, Untitled (November 14, 2012, 3:59 PM) art Basel, 2016 (c) Pace/MacGill Gallery

Richard Misrach, Untitled (November 14, 2012, 3:59 PM), Art Basel, 2016 (c) Pace/MacGill Gallery

Wangeshi Mutu, art Basel, 2016

Wangeshi Mutu, Art Basel, 2016 (c) Unlimited

Chiharu Shiota, art Basel, 2016

Chiharu Shiota, Art Basel, 2016 (c) Unlimited

Heidi Bucher, art Basel, 2016

Heidi Bucher, Art Basel, 2016 (c) Unlimited

Tony Cragg, art Basel, 2016

Tony Cragg, Art Basel, 2016 (c) Unlimited

Ai Weiwei, art Basel, 2016

Ai Weiwei, Art Basel, 2016 (c) Unlimited

Basel-OpdeBeeck

Hans Op de Beeck, Art Basel, 2016 (c) Unlimited

Hans Op de Beeck, art Basel, 2016

Hans Op de Beeck, Art Basel, 2016 (c) Unlimited

Jannis Kounellis, art Basel, 2016

Jannis Kounellis, Art Basel, 2016 (c) Unlimited

Thomas Bayrle, art Basel, 2016

Thomas Bayrle, Art Basel, 2016 (c) Unlimited

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