Deux bâtiments historiques remarquables dans un même volume, l’un plus petit installé dans l’autre, c’est ce que nous offre pour le moment La Patinoire Royale. Bruxelles nous gâte !

A l’intérieur de cette ancienne patinoire à roulettes datant du XIXe a été installé un pavillon de Jean Prouvé, à la structure autoportante, conçu vers 1958 pour l’Institut Fénélon à Clermont-Ferrand. En aluminium et panneaux de verre, cette salle de classe supplémentaire est entièrement démontable. Elle est aujourd’hui restaurée et mise aux normes, attendant qu’un acheteur s’en empare. D’autres pavillons de Prouvé ont déjà été revendus et installés dans un musée ou encore au pied d’une institution.

Pour la présentation de ce pavillon, l’équipe de La Patinoire, avec la Galerie Downtown, spécialisée en design et architecture du XXe siècle, et son directeur François Laffanour ont vu les choses en grand. Longeant le pavillon, un bassin forme un angle et accueille des poissons japonais. Des pins ont été installés et font écho aux Signaux et autres sculptures de Vassilekis Takis, artiste invité aux côtés de Prouvé.

Jean Prouvé (1901-1984) est un designer français autodidacte. En 1916, contraint d’abandonner ses études à la suite de difficultés financières de la famille, il entre en apprentissage chez le ferronnier Émile Robert à Enghien, puis en 1919 chez Szabo. Son correspondant à Paris est André Fontaine, intellectuel progressiste qui marquera le jeune Prouvé comme l’ont marqué les artistes de l’École de Nancy : ne jamais copier. Après son service militaire, il monte en 1924 un atelier à Nancy et conçoit dès cette première année sa Chaise inclinable en tôle d’acier pliée laquée et toile.

Prouvé ne va cesser de concevoir, dessiner et produire des meubles, des éléments d’architecture, et plus tard, des maisons. Il crée la SA des Ateliers Jean Prouvé en 1931. Il collaborera avec Pierre Jeanneret, Charlotte Perriand, plus tard avec Oscar Niemeyer, entre autres. Avec sa porte aux coins arrondis, ses baies vitrées qui rythment les deux longues façades, le pavillon présente un profil gracieux et léger qu’on apprécie de nouveau aujourd’hui. A voir aussi, une série de pièces de mobilier, dont une table à tiroirs qui servait à la cantine d’une usine, et la fameuse chaise en tôle pliée.

Vassilakis Takis (Athènes, 1925) est un sculpteur grec, lui aussi autodidacte. Dès 1955, il commence à créer ses Signaux, dont on peut découvrir la grâce nonchalante ici. Notons aussi ses œuvres cinétiques activées par un système d’aimants, ou ses Panneaux Musicaux, qui produisent un son généré par une tige de métal suspendue qui frotte une corde tendue.

C’est réjouissant de voir comment ces deux géants de la ligne, l’un plutôt dans les horizontales, l’autre plutôt dans les verticales, dialoguent avec élégance et cohérence sous la lumière zénithale diffusée par les verrières XIXe. L’ensemble, à ne pas manquer, donne une impression de jardin japonais, bassin, méditation et poissons compris.

Prouvé-Takis
Collection François Laffanour
La Patinoire Royale
15 rue Veydt
1060 Bruxelles
Jusqu’au 23 juillet
Du mardi au samedi de 11h à 13h et de 14h à 19h
www.lapatinoireroyale.com

Prouvé et Takis

Vue de l’exposition Prouvé-Takis, La Patinoire Royale, photo Anne Greuzat

Prouvé et Takis

Vue de l’exposition Prouvé-Takis, La Patinoire Royale, photo Anne Greuzat

Prouvé et Takis

Vue de l’exposition Prouvé-Takis, La Patinoire Royale, photo Anne Greuzat

Prouvé et Takis

Vue de l’exposition Prouvé-Takis, La Patinoire Royale, photo Anne Greuzat

Prouvé et Takis

Vue de l’exposition Prouvé-Takis, La Patinoire Royale, photo Anne Greuzat

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