La Macadam Gallery consacre au photographe Thomas Devaux une exposition qui rassemble, pour une première fois, l’ensemble de ses projets, depuis ses collages initiaux jusqu’à ses nouvelles créations issues des séries Attritions et The Shoppers.

Il règne dans le travail de Thomas Devaux une perpétuelle transmutation qui s’exprime tant dans ses rendus photographiques que dans les techniques utilisées. Le talent de ce photographe polymorphe réside dans sa maîtrise de la composition. Ses modèles, il les trouve au gré de ses balades dans le milieu de l’art et de la mode. Des photos de base anodines, des instants saisis sur le vif à l’insu des modèles, des formes humaines, des bras, des visages, des mains, des cheveux, des textiles et des décors floraux se collectent, se collectionnent, se télescopent à la vitesse des clics comme autant d’éléments d’un même alphabet, assemblés et associés par la suite avec finesse pour en livrer le tableau final ; une œuvre d’où émane un sfumato hagiographique et raffiné.

Les Tearings, collages des débuts, empruntent aux œuvres canoniques issues de livres et réinventent un nouvel espace presque sculptural à partir d’éléments homogénéisés dans leur matière. Une association par la déchirure, une réconciliation par les formes, qui laisse çà et là les traces nées du tremblement des doigts lors de l’assemblage ; expression de petits moments non contrôlés qui donne au rendu de ce nouvel objet toute sa vibrance et ce relief fracturé.

Les Attritions, stratégies de corps qui se frottent et s’usent l’un l’autre, se dépossédant de leur matière organique. Un travail plus complexe où chaque prise de vue est d’emblée envisagée comme le fragment d’une composition future. Des êtres déchirés et xénomorphes se diluent pour se réinventer arbitrairement différents. Issue de l’imaginaire du photographe, cette succession figurative d’apparitions évanescentes foisonne de formes et de matières. Les effluves translucides et les pigments raffinés se mélangent en une photographie empreinte d’onirisme.

Changement de cadre avec la série The Shoppers, portraits plus réalistes de personnes en attente à la caisse d’un supermarché. Des visages au regard vide et à la tête inclinée, décontextualisés et élevés au statut d’icones en noir et blanc. Un rendu esthétique proche du dessin.

D’allusions en illusions picturales, le travail de Thomas Devaux, par le soin apporté à la composition, s’ouvre vers de multiples lectures et imaginaires visuels. Dans une fusion de corps et d’emprunts photographiques, des éléments se rencontrent et se dissolvent pour mieux en révéler la trace figée pour une postérité sous des embruns en apesanteur.

Thomas Devaux
Galerie Macadam+
58 place du Jeu de Balle
1000 Bruxelles
Jusqu’au 1er mai 2016
Du vendredi au dimanche de 11h à 17h
www.macadamgallery.com

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Thomas Devaux, La Main et l’Enfant, (c) Thomas Devaux

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Thomas Devaux, La Robe Rouge 6, (c) Thomas Devaux

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Thomas Devaux, La Ménine, 2012, (c) Thomas Devaux

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Thomas Devaux, The Shoppers 4, (c) Thomas Devaux

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Thomas Devaux, Pieta 2, 2012, (c) Thomas Devaux

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