Hergé, double planche du Sceptre d’Ottokar, aquarelle et encre de Chine, publiée en 1939 chez Casterman, estimation 600-800.000 euros, collection Renaud dans la vente d’Artcurial à Paris le 30 avril 2016 © Hergé/Moulinsart 2016 – www.artcurial.com

Trois semaines après son retour à la chanson, voici Renaud à la une de la prochaine vente B.D. d’Artcurial. Le chanteur est connu dans le milieu comme un vrai connaisseur, un lecteur sensible et un collectionneur acharné. Nostalgique de ses lectures d’enfance, il a voulu s’entourer des personnages qui ont bercé sa jeunesse : Alix, Jerry Spring, Blake et Mortimer, Lucky Luke, Tintin, Spirou… Puis il s’est mis à accumuler, achetant compulsivement « tout et n’importe quoi, dans n’importe quel état et à n’importe quel prix ». Résultat ? Une bibliothèque de plus de 4000 albums qui l’a suivi dans chacun de ses déménagements et, aujourd’hui, une envie de tourner la page (ou plutôt une page puisqu’il ne se sépare que d’une centaine d’œuvres). Car, explique-t-il, « s’il est passionnant de constituer une collection, à la recherche de la pièce rare, il est désespérant de constater qu’une fois achetées et lues, mes BD s’accumulent, prennent la poussière, se meurent doucement ».

Une aubaine pour les amateurs qui pourront y trouver des pièces rares, des planches originales, des albums et des souvenirs liés à une passion dévorante pendant plus de 40 ans. Cette passion l’a mené vers les planches d’Hergé, Jijé, Le Rallic et Calvo et, pour les plus modernes, Manara, Bilal, Minus ou Chaland. Et c’est peu dire que certains de ces lots sont des trésors. Au départ, tout intérêt spéculatif était absent dans le chef de Renaud qui s’entourait de ses héros favoris plutôt que de planches iconiques. Force est de constater pourtant que certaines de ses pièces risquent fort de faire le buzz.

Ainsi, cette double planche d’Hergé du Sceptre d’Ottokar – que le chanteur se souvient avoir achetée 100 000 FF à la fin des années 1980 – qui pourrait bien pulvériser toutes les estimations et franchir le cap du million voire du 1,5 million si l’on se réfère aux scores réalisés par la collection Schoofs chez Sotheby’s en octobre dernier. Cette planche, tout comme l’album dont elle constitue la fin, est très recherchée car elle fait écho à l’actualité à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. A cet élément historique s’ajoute l’esthétique et la puissance de sa ligne claire qui donne corps aux personnages maladroits des Dupondt, qui le restent jusqu’à la fin avec l’humour qui les caractérise. Puis il y a ce clin d’œil de Tintin au lecteur que Renaud avoue avoir pris pour lui. A qui le prochain ?

Hergé

Hergé, double planche du Sceptre d’Ottokar, (c) Hergé/Moulinsart 2016, Artcurial

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