Ne manquez pas l’opportunité, rare, d’aller admirer un grand ensemble de gravures du maître hollandais à Bozar. Vous pourrez découvrir 85 pièces de la collection privée de Jaap Mulders qui a acheté sa première pièce il y 20 ans à la Tefaf. Depuis, il a acquis près de la moitié de l’œuvre gravée de Rembrandt qui, outre ses 320 peintures, a réalisé non moins de 290 gravures.

Ces gravures présentées dans un espace ridiculement petit figurent parmi les plus rares, car elles ont été imprimées dans l’atelier de l’artiste. Il faut savoir que l’impression de ses gravures s’est poursuivie jusqu’au XIXe siècle, partout où des plaques de cuivre étaient disponibles. Mais elles n’étaient bien sûr plus de la même qualité. Les premières impressions laissent encore paraître la spontanéité du dessin, l’une des grandes qualités de l’artiste.

Les artistes importants de l’époque baroque utilisaient la gravure pour la diffusion – et donc la publicité – de leur œuvre. Mais ils confiaient cette tâche à des spécialistes. C’est notamment le cas de Rubens, qui avait plusieurs graveurs à son service, et de Van Dyck. Rembrandt, au contraire, semble avoir pris goût à ce médium alors relativement nouveau. Il le considérait peut-être comme une façon de dessiner plus lucrative que ne le permettait le dessin traditionnel, diffusé par essence en un seul exemplaire. On sait qu’à la fin de sa vie, quand ses finances étaient mauvaises, il envoyait parfois son fils Titus avec un paquet de gravures dans les rues d’Amsterdam. Mais il a aussi sans doute compris, avant les autres, la nouvelle dimension qu’offrait cette technique.

On le voit dans les autoportraits. Il en a gravé 31 ! Il s’agit bien souvent d’études d’expressions différentes, qui pouvaient servir dans d’autres compositions. Il s’est aussi représenté avec Saskia, fait assez exceptionnel pour l’époque, du moins dans la gravure. La Bible reste un sujet très important. Rembrandt disposait d’une collection d’images bibliques de 3000 pièces comme source d’inspiration. Pour un autre sujet qui nous intéresse encore aujourd’hui, il n’avait qu’à se promener dans les environs : les mendiants, charlatans et musiciens ambulants, représentés sans aucun jugement moral. Ses nus étaient fort critiqués pour leur réalisme outrancier – nus qu’aucun magazine de mode ne publierait aujourd’hui tellement ils sont hors norme ! Au cours de ses promenades près d’Amsterdam, Rembrandt dessinait et gravait des paysages simples, plats, vides, sauf parfois la silhouette d’Amsterdam à l’horizon, et il en tirait une image qui nous frappe encore aujourd’hui.

Pour la visite, une tablette est mise à disposition avec de nombreuses informations et la possibilité d’agrandir les détails. Pas de catalogue, peu d’espace, mais le plaisir de découvrir une collection fascinante !

Rembrandt in Black & White
Palais des Beaux-Arts
23 rue Ravenstein
1000 Bruxelles
Jusqu’au 29 mai
Du mardi au dimanche de 10h à 18h, jeudi jusqu’à 21h
www.bozar.be

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Rembrandt, Adam et Eve, (c) Stichting Rembrandt op Reis

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Rembrandt, Vue d’Amsterdam, (c) Stichting Rembrandt op Reis

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Rembrandt, Portrait de l’apothicaire Abraham Francken, (c) Stichting Rembrandt op Reis

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Rembrandt, La fuite en Egypte, (c) Stichting Rembrandt op Reis

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Rembrandt, Christ préchant, (c) Stichting Rembrandt op Reis

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Rembrandt, Autoportrait, (c) Stichting Rembrandt op Reis

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Rembrandt, Le bon Samaritain, (c) Stichting Rembrandt op Reis

 

 

 

 

 

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