Belle exposition chez Félix Frachon, la toute dernière galerie à ouvrir ses portes dans le haut de la ville. Inaugurée début mars, The quintessencial machine montre des œuvres de l’artiste indienne Nandita Kumar, un travail exquis qui s’inspire des nouveaux médias. Une découverte fort intéressante.

La Machine quintessentielle : tout est dans le titre de l’exposition. Le terme latin quinta essencia signifie cinquième essence. Chez certains philosophes anciens, c’est l’élément qui s’ajoute aux quatre premiers – la terre, le feu, l’air, l’eau – définis par Empédocle et qui en assure la cohésion. C’est aussi la forme la plus raffinée, la plus concentrée d’un être ou d’un ouvrage, ce qu’il a d’essentiel.

L’œuvre de Nandita Kumar, c’est tout ça à la fois. Elle compose des mondes lilliputiens, des paysages et des villes en miniature lovés dans d’énormes bouteilles en verre. Certains sont animés par de petits écrans qui diffusent des vidéos. Un travail hybride à la limite de la matérialité. Un assemblage de composantes électroniques, de câbles et de petites pièces détachées dans un condensé minutieux de notre existence et de notre environnement, de nature et d’un milieu urbain. Un univers délicat cousu de raffinement. Les nouvelles technologies imprègnent notre société en profondeur, touchent l’homme dans son intimité et son essence, s’insèrent dans nos sensibilités et nos représentations mentales. Ce basculement est particulièrement sensible en Inde où le développement de l’informatique a été le fer de lance d’un mouvement d’ouverture économique et culturelle.

On se surprend en état de ravissement devant cet univers visuellement beau, qui s’éloigne de l’utilitaire et saisit autant l’innovation technique que la nouveauté sociale, la technoculture. Au fond de la galerie, notons la pièce eMotive sOuNds of the eLEctRic wRITER commandée par le Musée du Jeu de Paume en 2013. On suit la trajectoire d’une lettre d’amour manuscrite imprimée par une machine. Une mystérieuse partition dans une ère marquée par les échanges numériques.

Artiste multidisplinaire, vidéaste et plasticienne, Nandita Kumar (1981) s’intéresse à plusieurs formes d’expression. Elle est née à l’Ile Maurice et vit maintenant entre Mumbai et Auckland (Nouvelle-Zélande). Diplômée de la MS University Baroda (Inde) et de l’Elam School Of the Arts (Auckland University), remarquée par la critique, elle a récemment participé à l’exposition Exo-Evolution qui vient de s’achever au Centre for Art and Media de Karlsruhe, en Allemagne.

Descendant d’une famille d’artistes, c’est après de longs séjours en Inde que Félix Frachon se passionne pour l’art contemporain de ce pays. Sa galerie entend placer des artistes indiens aux cimaises. Elle a fort bien débuté sa programmation que l’on devrait avoir plaisir à suivre !

Nandita Kumar, The quintessencial machine
Galerie Félix Frachon
5 rue Saint Georges
1050 Ixelles
Jusqu’au 14 mai
Du mardi au samedi de 11h à 18h
www.felixfrachon.com

The quintessencial machine, Vue de la galerie Félix Frachon

The quintessencial machine, Vue de la galerie Félix Frachon

Nandita Kumar, Emotives sounds of the electric writer, 2013, courtsey of the gallery

Nandita Kumar, Emotives sounds of the electric writer, 2013, courtsey of the gallery

Nandita Kumar, Element EARTH, 2012, courtsey of the gallery

Nandita Kumar, Element EARTH, 2012, courtsey of the gallery

Nandita Kumar, Element Earth, 2012, courtesy of the gallery

Nandita Kumar, Element Earth, 2012, courtesy of the gallery

 

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