Philippe Favier nous fait l’honneur de deux expositions à Bruxelles. L’une qui s’ouvre aujourd’hui à la Maison d’Erasme, l’autre depuis quelques semaines déjà dans l’antre quatre fois décennal du Salon d’Art.

Né en 1957 à Saint-Étienne, Philippe Favier vit et travaille dans la Drôme et dans les Alpes-Maritimes. Grâce à une boîte de Corned-beef4 et à l’humour de Pierre Soulages, il réussit le concours de la Villa Médicis et obtint même deux ateliers : gravure et peinture. Spécialisé dans les miniatures et les petits formats en noir et blanc, il a pourtant réalisé de très grands formats en couleurs exposés pour la première fois au Musée national du jeu de Paume à Paris en 1995. Il est également scénographe (opéra et danse). Il utilise divers matériaux tels les boîtes de sardines exposées au Musée d’art moderne de Saint-Étienne, aussi bien que la cartoline, le papier Ingres, les ardoises, les cartes de géographie ou les photographies, ainsi que diverses techniques : pointe-sèche, eau-forte, émail sur verre, encre de Chine ou encore les collages.

Au Salon d’Art, voici de séduisants petits formats, dont ni Madame Henri Chevellu, ni Madeleine Léaumont, ni Félicien Verjat, ni quelques autres ne sont à même de se réjouir. Car c’est leurs cartes de visites que l’artiste passe sans vergogne dans la presse, pour y graver squelettes grimaçants et dansants. Assis sur la ligne typographiée, pendu à une autre, ce petit personnage, digne descendant des marionnettes d’os d’Ensor, se moque de la pompeuse carte. Il la squatte, s’y installe, joue avec les lettres, transforme parfois les mots. Y ajoute un sens, se moque, gentiment. C’est au départ d’un lot de plaques de cuir servant à graver les cartes de visite que Philippe Favier a travaillé. Squatter un objet qui sert à se présenter dignement dans la bonne société, qui se dépose sur le plateau en argent de l’entrée, qui se tend à deux mains au Japon, qui s’orne d’une signature manuscrite et se joint à un bouquet… quelle audace ! S’y installer à la pointe sèche, définitivement, quel manque de savoir-vivre.

Notre œil se réjouit de tant d’humour, à peine noir, juste un peu irrévérencieux. Dans ce jeu de cartes, beaucoup de drôlerie, un sens de la composition, une mise en scène des noms et titres de ces chers disparus. R.I.P.

Philippe Favier
Favier ou l’art du P.P.C.
Le salon d’Art
81 rue Hôtel des Monnaies
1060 Bruxelles
Jusqu’au 7 mai 
Du mardi au vendredi de 14h à 18h30, samedi de 9h30 à 12h et de 14h à 18h
lesalondart.skynetblogs.be/

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Philippe Favier, Le salon d’Art

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Philippe Favier, Le salon d’Art

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Philippe Favier, Le salon d’Art

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Philippe Favier, Le salon d’Art

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Philippe Favier, Le salon d’Art

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Philippe Favier, Le salon d’Art

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Philippe Favier, Le salon d’Art

 

 

 

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