Bruxellois de souche, d’adoption ou de passage, bienvenue chez Arkadia pour découvrir la ville sous toutes ses coutures culturelles et patrimoniales. L’association, vieille de bientôt 35 ans, a toujours été portée par des passionnés de la capitale qui circulent tous azimuts à la recherche de la perle bruxelloise. Leur but ? Faire (re)découvrir la ville et la valoriser. Apprendre à regarder autour de soi, pratiquer un tourisme de proximité, « une pédagogie du regard. »

Arkadia, c’est l’Arcadie de l’Antiquité, son influence artistique. « Dans Arkadia, il y a les arcades et les ponts que l’on jette entre les cultures, entre ville ancienne et contemporaine, entre arts, littérature, cinéma, musique… et il y a ce souhait profond de relier la ville aux habitants », explique Jacinthe Gigou, directrice de l’asbl depuis trois ans. Originaire de Tours, la jeune Française est restée « coincée » à Bruxelles après son Erasmus, car elle s’y est tout de suite plu ! Passionnée d’archi, elle se souvient avoir eu sa première émotion architecturale du toit de la maison Goffay. « En une fois, j’ai compris la promenade architecturale et les principes que Le Corbusier a énoncés dans Vers une architecture. Quelle fenêtre sur la ville avec au loin la forêt de Soignes, c’était tout simplement magique ! »

Cette spécialiste de l’architecture moderne a trouvé son bonheur à Bruxelles au détour d’un chemin qui l’a portée des Archives d’Architecture Moderne à Arkadia, où elle a atterri un jour avant d’en devenir la principale responsable. Son arrivée correspond avec une ouverture plus large à la ville moderne et contemporaine, avec des visites de bâtiments de l’après-guerre à aujourd’hui mais également d’ateliers d’artistes et de galeries d’art, lieux d’autant plus importants que la ville n’a plus de musée d’art moderne. Cette absence est en partie compensée par l’ouverture de galeries qui sont de plus en plus nombreuses à défendre l’art contemporain. C’est donc ce Bruxelles en pleine mutation, bouillonnant et innovant qu’Arkadia a ajouté à son panel de visites qui couvrent toujours les aspects de l’histoire et du développement de la ville.

Aux bâtiments phares (la Grand-Place, la maison Horta ou le Marnix) s’ajoutent les acteurs de la ville d’aujourd’hui. « Une visite d’atelier d’artiste sous-entend forcément la rencontre avec une personnalité et ses créations, et la mise en évidence de la manière dont celle-ci s’adapte à la ville. » La ville des habitants pour les habitants, mais pas uniquement. Parmi les 17 000 visiteurs qui suivent les guides Arkadia, 8000 sont des enfants auprès desquels l’asbl n’a de cesse de faire passer un message de sensibilisation et de préservation du patrimoine. A côté de ce public scolaire (primaire, secondaire et universitaire), il y a une belle brochette de seniors et de touristes. Le public d’âge moyen est plus clairsemé. Les actions de l’association sont pourtant ouvertes à tous les publics avec des visites programmées à l’heure de table, les soirs, les week-ends ou avant certains spectacles, comme ce sera le cas pour le festival Artonov programmé en octobre prochain dans de prestigieux lieux Art nouveau ou Art déco.

Certains sujets (l’art fair Poppositions ou le Mima pour lesquels l’asbl assume le service pédagogique), certaines thématiques ou certains lieux récoltent un public plus spécifique : plus jeune, plus connaisseur, plus avant-gardiste, plus aventureux peut-être ? Qu’importe, la curiosité reste le moteur et il est à parier que le programme, les rendez-vous inédits (avec un collectionneur de boules d’escalier) et l’ouverture exceptionnelle de certains lieux (la maison Nyst ou celle de Bontridder, l’atelier de Hans op de Beeck ou celui des Hell’O) devraient titiller les papilles des becs les plus fins !

www.arkadia.be/

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Arkadia, photo Sophie Voituron

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