Alice Gallery offre ses murs d’un blanc virginal aux diagonales colorées de l’artiste américaine Maya Hayuk. Leur collaboration remonte à 2008 et trouvera sa prolongation dans l’exposition City Lights du futur MIMA – Millenium Iconoclast Museum of Art – qui ouvrira prochainement ses portes sur le site des anciennes Brasseries Belle-Vue, en bord de canal, à Molenbeek.

Née en 1969 à Baltimore, Maya Hayuk vit et travaille à Brooklyn, NYC. Elle fut d’abord photographe de la scène punk rock new-yorkaise dans les années 1990 avant d’acquérir une reconnaissance internationale pour ses peintures monumentales abstraites et psychédéliques. Son terrain de jeu, ce sont les murs extérieurs, partout dans le monde. Quand elle ne voyage pas, c’est dans son studio qu’elle esquisse et documente ses prochaines interventions grand format. Deux faces d’une même pièce, un travail in et out en parfaite symbiose. Avec ses muraux, leurs compositions symétriques, leurs motifs imbriqués et leurs couleurs luxuriantes, Maya Hayuk compose patiemment des abstractions élaborées, liant référents de la culture populaire et pratiques de la peinture actuelle. Une expérience psychédélique faite forme visuelle. Elle développe ainsi des œuvres puissantes, rêvant aussi large qu’elle peut physiquement créer.

Des diagonales s’intersectionnent en de multiples losanges et segments polychromes, libérant leurs excès en de longues jambes chromatiques et des effets de dripping, comme autant de pistes qui invitent au voyage imaginaire. Une gestuelle commencée de rien, une artiste à l’écoute de celle-ci, libre de ses actes et de son rythme. Une application de la couleur qui tire ses lignes jusqu’à l’épuisement. Les diagonales bissent, se dédoublent, trissent, se tissent. La trame se construit en un travail proche de la fibre. De ces va-et-vient nait cette tapisserie géométrique qui a l’épure du Bauhaus et les accents colorés des artistes du Colourfield comme Frank Stella et Morris Louis. Coups de pinceau bien visibles, mouvements énergiques, traçages d’où émergent la structure et changements de direction sembleraient donner l’impression de motifs répétitifs. Il n’en est rien, tant à leur contact, chacune de ses toiles brille par son aspect unique.

Maya Hayuk a l’instinct de la composition géométrique. Sa peinture vivifie, ses couleurs enchantent et spiritualisent. Et si on peut regretter de n’être pas ici témoin de l’élaboration d’une œuvre de grand format in situ, la réalité des petits formats présentés dans l’espace confiné d’une galerie est aussi un appel vers un autre quelque part, à l’extérieur. Le travail de Maya a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles et de commissions sur sites. Notamment à The Bowery Wall, NY (2014), The Hammer Museum, LA (2013), The Museum Of Contemporary Canadian Art, Toronto, Canada (2013), Bonnefanten Museum, Maastricht (2012). Maya Hayuk a souvent été commissaire d’exposition, est membre du collectif Barnstormers, du Cinders Art Collective, et a fréquemment collaboré avec des artistes et musiciens parmi lesquels TV on the Radio, Rye Rye/M.I.A., The Flaming Lips, Animal Collective et the Beastie Boys.

Maya Hayuk
Grow Room

Alice Gallery
4 rue du Pays de Liège
1000 Bruxelles
Jusqu’au 29 avril 2016
Du mercredi au samedi de 14h à 18h
www.alicebxl.com

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Maya Hayuk, Coney Island Double-Sided Mega Wall 1, 2015, (c) Maya Hayuk

 

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Vue de l’exposition, Maya Hayuk, Grow Room, 2016, (c) photo Eric Mabille

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Maya Hayuk, Grow Room Show, vue de l’exposition, 2016, (c) photo Alice Gallery

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Maya Hayuk, Grow Room Show, vue de l’exposition, 2016, (c) photo Alice Gallery

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Maya Hayuk, Grow Room #1, 2016 (c) Maya Hayuk

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