La galerie Rodolphe Janssen offre une belle sélection de l’artiste belge Marcel Berlanger qui participa récemment à l’exposition de réouverture au BPS22 à Charleroi. Ce qui marque tout d’abord dans l’accrochage majestueux des œuvres de Berlanger, ce sont les couleurs, les lignes, et surtout son talent de peintre. Car avant d’être un observateur méticuleux, faisant des arrêts sur image, des macrophotographies à dimension scientifique, avant de collecter des milliers d’images empruntées à la grande toile, Marcel Berlanger peint.

Au pinceau, au pistolet, il peint. Le mouton noir réalisé en 2016, qui nous regarde l’œil à la fois candide et machiavélique, est un voyage dans l’iconographie de l’histoire de l’art. Cet animal familier, doux, sympathique a toujours été représenté, que ce soit dans les œuvres religieuses, mais aussi chez des peintres de génie comme Zurbaran ou Millet. La première demande du Petit Prince, « dessine-moi un mouton », n’a pas été choisie par hasard. Marcel Berlanger explique aussi aimer « l’ambiguïté de cet animal, qui peut être noir ou de Panurge, résistant ou suiveur. ». En s’approchant de la toile, on a l’impression de voir un cliché photographique, tant la laine est précise. « La laine, c’est l’exercice des peintres », poursuit l’artiste. Et cette laine est magnifiquement… laineuse !

Sur le grand mur, une toile quadrillée. On ne peut nous empêcher de créer des liens avec Mondrian, avec l’exposition de Van Doesburg à Bozar : il y a les mêmes questionnements, seul l’outil change. Ici, Berlanger utilise le pistolet. Une autre toile montre un cactus, image scientifique saturée de couleurs, réalisée sur de la fibre de verre. L’effet est celui d’une vidéo mise sur le mode pause. Le point commun évident entre ces travaux est le quadrillage. Qu’il soit évident ou diffus, il est le leitmotiv de l’exposition, il crée la tension et retient l’attention. Très touchante, la série de travaux préparatoires qui montre des traces sur des extraits de journaux, images glanées sur le net, projets en cours, futurs, rêvés, planifiés, fantasmés. Berlanger conserve les images qui sont les cailloux du Petit Poucet trouvant son chemin jusqu’à l’œuvre finale. Une nouvelle série à découvrir.

Marcel Berlanger
Raster master
Galerie Rodolphe Janssen
35 rue de Livourne
1050 Bruxelles
Jusqu’au 2 avril
Ouvert du mardi au samedi de 10 à 18h
www.rodolphejanssen.com

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Marcel Berlanger, Tapisserie bruxelloise, 2016, (c) Marcel Berlanger et R. Janssen

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Marcel Berlanger, XX, 2016, (c) Marcel Berlanger et R. Janssen

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Vue de l’exposition Marcel Berlanger, (c) Marcel Berlanger et R. Janssen

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Portrait de Marcel Berlanger, (c) Marcel Berlanger et R. Janssen

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Vue de l’exposition Marcel Berlanger, (c) Marcel Berlanger et R. Janssen

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