La Société Libre de Beaux-Arts a été fondée par des artistes à Bruxelles, en 1868. Après l’opposition très démonstrative du romantisme au néoclassicisme, dans les années 1830, on a cru pouvoir interpréter la signification de sa création dans les mêmes termes et en faire cette fois un bastion du réalisme en opposition au romantisme et à l’académisme. Mais faut-il toujours regarder ce qui s’est fait en Belgique à la lumière des courants et des antagonismes successifs qui ont animé la vie artistique à Paris ? À y regarder de près, on s’aperçoit que la Société Libre de Beaux-Arts, dès sa création, proclamait au contraire dans ses statuts qu’elle admet[tait] toutes les écoles et respect[ait] toutes les originalités. Constantin Ekonomidès a étudié en détail les œuvres des artistes très divers qui ont participé à cette Société qui se réclamait d’un climat de liberté complète, et en a réuni une quarantaine. Il voit au contraire dans sa fondation le premier acte d’indépendance des milieux artistiques belges par rapport au jeu des modes successives et le point de départ d’une volonté de tourner le dos à de vaines polémiques qui avaient empoisonné jusqu’alors la création des années antérieures, avec le désir de privilégier l’expression des talents au détriment de l’intrigue politique. Même si la Société fut dissoute assez rapidement en 1876, c’est à partir de ce moment en effet que s’est développé en Belgique un art plus authentique qui ne sera désormais plus réductible à l’art français et ce climat permettra notamment au luminisme belge d’éclore au sein même du réalisme, comme une expression originale, parallèle de l’impressionnisme français et bien différente par ses techniques. En se penchant de manière aussi précise sur cette courte période l’exposition à voir aujourd’hui à l’Association du patrimoine artistique, au Sablon, entend éclairer ce moment que Paul Colin qualifiait comme un des sommets sinon le sommet de notre XIXe siècle. 

Du Romantisme à l’Impressionnisme
La Société Libre des Beaux-Arts
Association du patrimoine artistique
7 rue Charles Hanssens
1000 Bruxelles
Du jeudi au samedi de 14h à 18h
Jusqu’au 26 mars
http://www.associationdupatrimoineartistique.be

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Charles Hermans, Association du patrimoine artistique

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G. Van de Hecht, Ruines de Keniworth, Association du patrimoine artistique

 

 

 

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