La Galerie Gladstone partage une fois de plus sa passion pour le photographe new-yorkais Roe Ethridge. Cette quatrième exposition bruxelloise présente sa dernière série, Shelter Island. De multiples perspectives documentent un récent séjour estival dans cette île des Hamptons. Des impressions très personnelles d’un été finissant, à l’intersection de l’art et de la création publicitaire. Télescopage et remise en scène.

Shelter Island. Une maison de plage louée dans cette île des Hamptons, fief de l‘establishment de la côte nord-est américaine, inspire cette nouvelle série. Un éden à cent milles à peine de Manhattan. Tout un monde le sépare de la métropole. Roe Ethridge choisit ce lieu hors du temps pour un mois de vacances en famille. Avec ce goût d’un fil rouge qui n’est jamais évident dans son travail, il ponctue d’images colorées, limpides, presque candides, un accrochage énigmatique pensé par touches, dans une forme quasi-narrative.

Shelter Island est une synthèse de son séjour, une superposition de lignes mélodiques distinctes, l’essence d’un été à la simplicité originelle. C’est l’errance d’un objectif qui nous fait passer d’un très beau portrait de sa compagne Nancy, à une nature morte, version stylisée d’une composition classique d’arrangement floral. D’une scène de famille prise sur le vif à ce coucher de soleil où le regard perd pied. C’est le dernier crépuscule avant le départ et le retour à la métropole, apprend-on. L’exposition montre des associations qui réveillent une tension entre le regard distant de la photographie documentaire, le cliché personnel et l’approche publicitaire. Avec parfois des effets de pause narrative.

Ethridge cultive l’esthétisation, exhume ici le romantisme et la nostalgie d’une fin de saison, la célébration du détail et de l’instant, de l’intime et de l’ordinaire. Ainsi la rusticité de cette caisse de bouteilles de coca-cola. Ou bien ce cerf-volant abandonné dans le clapotis de la mer. La force et la pureté des images captent la simplicité de la vie dans les dunes. Elles reprennent le rythme intrinsèque de la lumière, de l’eau et du sable.

Roe Ethridge naît en 1969 à Miami. Après avoir étudié la photographie au College of Art d’Atlanta où il grandit, il prend le parti de la photographie commerciale pour gagner sa vie. Il prête son regard aux plus grandes marques et se fait un nom dans la mode et la publicité avant d’affirmer son travail comme artistique et conceptuel. Majeurs ou mineurs, les différents domaines de la photographie sont interchangeables. Très à l’aise dans ces glissements entre styles, Ethridge crée par séries et s’attaque aux conventions de la photographie. Son œil nomade remet en question la distinction entre pratique artistique et photographie de catalogue, entre composition classique et regard contemporain. Les temps changent, le medium est en mutation, certes. Mais on ne dira pas que ce dernier travail offre quelque chose d’inattendu par rapport aux séries précédentes de l’artiste.

Roe Ethridge
Shelter Island

Gladstone Gallery
12 rue du Grand Cerf
1000 Bruxelles
Jusqu’au 5 mars 2016
Du mardi au vendredi de 10h à 18h, samedi de 12h à 18h
www.gladstonegallery.com

Roe-Ethridge-gladstone-gallery

Roe Ethridge, vue de l’exposition Shelter Island, Gladstone Gallery

Roe Ethridge, Auggie with a Dead Crab, 2015

Roe Ethridge, Shelter Island
Auggie with a Dead Crab, 2015

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.