Avant-gardiste, audacieux, joyeux, Albert Baronian continue de ne pas nous décevoir dans le choix des artistes qu’il choisit d’exposer. Novateur, inédit, agissant par inclinaison du cœur plutôt que par conformisme, il expose pour la première fois le travail original d’une artiste luxembourgeoise, Aline Bouvy.

Grandes photos sur panneau en linoléum, le premier regard devine un corps androgyne derrière un herbier en filigrane. Cette chair, floue, évanescente, c’est celle d’un travail autour du nu exclusivement masculin, et de fleurs séchées, transparence végétal qui sépare physiquement l’artiste de son modèle. Ici, pas de retouche, pas de superposition, les photos sont en studio, révélant des poses inattendues, dérangeantes parfois, s’il n’y avait ce voile, celui matériel et symbolique des tabous, tout ceux qu’il nous reste encore à lever même en ce XXIème siècle qui se pensait libéré. De part et d’autre des tirages, des chiens en plâtre et … l’urine de l’artiste. Rien à voir avec le travail d’un Serrano et ses photos du Christ dans un bain doré. Ici, l’artiste veut signifier un retour à la liberté artistique et aux choses simples de la vie. Ce qui fait de nous des êtres humains, voués à disparaître, à nous putréfier, comme ces fleurs fanées sur les photos. Le chien c’est aussi nous. Ne disait-il pas « je veux devenir l’ombre de sa main, l’ombre de son chien », le grand Jacques ? Le chien errant, le chien domestique, le chien du clochard, le chien qui pisse, qui se reproduit… Qu’a-t-il de si différent de nous, humains ? Avec un certain humour, et non sans un dose de cynisme, Aline Bouvy s’élève contre une société policée, aseptisée, déshumanisée.

Dans l’espace plus restreint en face, un accrochage d’artistes pour certains déjà familiers de la galerie offre une vision gaie et intéressante lorsque l’on s’y penche de plus près. En effet, chaque œuvre est réalisée sur un matériau qui, s’il semble être de la toile, est en réalité différent. Andy Boot réalise un très beau et sensuel rythme noir et blanc sur de la cire, Sam Falls des aplats de couleurs sur du tissu, Fiona Mackay crée un batik. Enfin, nous avons apprécié le travail poétique de Larissa Lockshin, qui sera présentée en solo show à Art Brussels, superbes œuvres toutes en huile et pastel sur de la soie. Accrochage réussi qui donne un bel échantillon des artistes de la galerie.

Aline Bouvy : Urine Mate
&
Group Show
Galerie Albert Baronian
2B, rue Isidore Verheyden
1050 Bruxelles
Jusqu’au 27 février
Du mardi au samedi de 12h à 18h
www.albertbaronian.com

Aline Bouvy-Urine Mate 3

Aline Bouvy, Urine Mate 3, 2015, Inkjet print on archival paper mounted on 230 x 190 (c) Baronian & the artist

Aline Bouvy, Strategy of non cooperation 1 2015 Jesmonithe 1/1

Aline Bouvy, Strategy of non cooperation 1, 2015, Jesmonithe, 1/1 (c) Baronian & the artist

Larissa Lockshin-Untitled (Peaceful Talk)

Larissa Lockshin, Untitled (Peaceful Talk), 2015, Soft pastel and oil on satin with artist’s frame (c) Baronian & the artist

Fiona Mackay-Night visions

Fiona Mackay, Night visions, 2015, Fabric dye, acrylic binder on canvas (c) Baronian & the artist

Fiona Mackay-Untitled

Fiona Mackay, Untitled, 2015 Fabric dye, acrylic binder on canvas (c) Baronian & the artist

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