La cathédrale de Strasbourg a mille ans. C’est en 1015 que l’évêque Rémi de Habsbourg en pose la première pierre sur les ruines d’une basilique carolingienne. On la construit en style roman d’après celle de Bâle notamment, Strasbourg appartenant à l’empire germanique. En 1176, la cathédrale est en grande partie détruite par un incendie. On voit alors apparaître un autre architecte – ou une autre équipe – qui change de style tout en maintenant la structure existante. C’est le thème de cette exposition qui couvre les années 1200-1230, la révolution gothique.

Le nom du nouvel architecte est resté inconnu. Mais on suppose, non sans raison, qu’il venait du chantier terminé de Chartres. Son intervention est très visible dans le bras sud du transept. On y trouve à l’intérieur le Pilier des Anges (18 m de haut) qui est étonnamment orné de figures associées au jugement dernier. Il s’agit là d’un sujet que l’on place généralement sur le portail, au-dessus des portes d’entrée. Ces sculptures sont peu visibles dans l’église. Vous en trouverez des moulages dans l’exposition, comme d’autres pièces inamovibles et scellées.

Le clou de l’exposition, ce sont évidemment les deux sculptures qui ornent le portail du transept sud, L’Eglise et La Synagogue. Le contraste entre les deux devait illustrer la primauté de la religion chrétienne. Ces sculptures n’ont pas connu le sort de bien d’autres – détruites par les révolutionnaires – parce qu’un citoyen les a ôtées à temps du portail pour les enterrer dans un jardin tout proche ! Au début du XXe siècle, les originaux furent remplacés par des copies et ils n’ont donc pas souffert de la pollution. Sage mesure. Ces pièces montrent un jeu de plis, dans les longs vêtements, qui rappelle ce qu’on observe sur des sarcophages antiques.

La découverte et l’influence de l’art antique romain sur l’art contemporain d’alors, est l’une des thèses de l’exposition. On parle aujourd’hui du style 1200. Et on le montre aussi au moyen de manuscrits illustrés, de vitraux et de pièces d’orfèvrerie. Dont nombre de pièces de collections allemandes.

L’identité de ce sculpteur et architecte fascinant n’est pas connue. Mais les spécialistes s’accordent sur ses origines liées au chantier de Chartres. Quant aux contacts avec la Bourgogne, il reste encore beaucoup à découvrir. De plus, il est évident que la cathédrale de Strasbourg a servi de modèle à celle de Bamberg, en Allemagne, connue pour ses sculptures. Cette exposition montre qu’il reste, en dépit des nombreuses destructions, des découvertes. C’est ainsi que vous pourrez voir une tête d’apôtre provenant du portail, en très bon état et issue d’une collection particulière. On n’en connaissait que cinq, toutes abîmées.

La révolution gothique, 1200-1230
Musée de l’Œuvre Notre-Dame
Strasbourg
France
Jusqu’au 14 février
http://www.musees.strasbourg.eu/index.php?page=musee-ond

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Le Pilier des Anges, Cathédrale de Strasbourg

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Cathédrale de Strasbourg

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Cathédrale de Strasbourg

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Musée de l’œuvre de Notre Dame

 

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