Roger Somville, Tête d’homme, acrylique, 1974, estimation 3-4.000 euros, lot 257, vente des 19 et 20 janvier à la Galerie Moderne – www.galeriemoderne.be

Décédé en 2014, l’artiste bruxellois Roger Somville (°1923) est un habitué des salles de ventes belges. Ses œuvres – peintures, dessins ou multiples – s’y retrouvent fréquemment avec des enchères plus ou moins heureuses. La première vente organisée cette année par la Galerie Moderne propose cinq pièces de sa main parmi le millier de lots que compte la vacation. Le volet peinture fait la part belle à la Belgique avec des artistes comme Louis Tytgadt ou Jan-Frans Portaels pour le XIXe siècle et Floris Jespers, Pierre Alechinsky ou Maurice Delmotte pour le XXe.

Dans l’histoire de la peinture belge contemporaine, Somville a toujours occupé une place à part. Artiste engagé, « il est, se veut et se voit reconnu marxiste », pour citer Gita Brys-Schatan dans une monographie qu’elle a consacrée au chef de file belge du Mouvement Réaliste. Formé à l’Académie et à La Cambre, il s’est toujours positionné comme défenseur du réalisme expressif à connotation sociale, contre l’académisme et l’abstraction. Son art s’est exprimé dans de nombreuses fresques monumentales qu’il a réalisées dans l’esprit des grands peintres mexicains (comme dans l’ensemble mural qu’il a imaginé pour la station de métro bruxelloise Hankar ou ceux de l’UCL ou de l’OTAN). Sa production est vaste et les médiums qu’il utilise variés (acrylique, encres mais aussi tapisserie et gravure).

Son style est par contre clairement identifiable. Audacieux, fortement coloré, engagé, il parle de l’humain en prise directe avec la réalité dans sa production plastique mais aussi dans ses réflexions sur l’art contemporain. Quantité de textes et de manifestes illustrent son engagement pour « un art vivant et réaliste qui ose se réclamer de l’héritage du passé » (Serge Goyens de Heusch). Son œuvre est nettement figurative. Ses personnages ont une allure volontiers rêveuse, des traits fuyants, un regard caractéristique. Ils évoluent dans un univers plutôt abstrait. Sa Tête d’homme (lot 257) et son Peintre (lot 212) appartiennent à cette veine typique de l’artiste que l’on retrouve aussi dans Notre temps (1974-76), son mural de 600 m² au métro Hankar.

Roger Somville, Tête d'homme, acrylique, 1974, Galerie Moderne, Bruxelles

Roger Somville, Tête d’homme, acrylique, 1974, Galerie Moderne, Bruxelles

 

A propos de l'auteur

Laure Eggericx

Chroniqueuse et journaliste"Historienne de l’art et plasticienne, j’alterne depuis des années la plume et le pinceau pour assouvir et communiquer ma passion de l’art, du patrimoine et de l’architecture. Journaliste pour différents quotidiens (Le Soir, La Libre ...) et magazines (Villas, Les Nouvelles du Patrimoine...), j’ai collaboré à de nombreux ouvrages et expositions concernant aussi bien artistes et artisans qu’architectes contemporains, sites historiques ou balades touristiques. Le marché de l’art est la plus récente corde à mon violon."Laure Eggericx est licenciée en histoire de l’art et archéologie (ULB), graduée en architecture d’intérieur (Saint-Luc-Essai) et diplômée en recherches graphiques et picturales (Académie JJ Gaillard).

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