Elle occupe la galerie, toute la galerie, et parasite même ses deux fenêtres. L’envers et l’endroit mais aussi l’intérieur et l’extérieur se confondent. Mot International ouvre ses portes à celle qui s’ingénie à créer d’inattendues osmoses dans des œuvres qui relèvent de la fiction et jouent subtilement du trompe-l’œil. Ludique, presque farceuse, Emmanuelle Lainé présente des images objets, émanations fantastiques de son imaginaire.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette jeune Parisienne née en 1973 nous fait cogiter et sème la confusion. Elle affectionne la mise en scène, pioche dans la sculpture, la photo et l’installation avec maîtrise et décontraction. Ses œuvres et ses expositions sont toujours étroitement liées à l’espace qui les accueille et aux objets qu’elles contiennent. Dans un rapport aux images et aux choses qui n’appartient qu’à elle, l’artiste assemble dans un équilibre minutieux les objets les plus disparates, certains réalisés au préalable. Elle en fait une scène qui oscille entre la deuxième et la troisième dimension. Un joyeux désordre, un souk imprévisible qui relève autant du bric-à-brac que d’un savant scénario. Dont on ne sait s’il est dévasté ou construit. Puis elle photographie le tout, cristallisant ainsi un moment sculptural. Tout ceci au cours d’un processus qui s’apparente à ceux du laboratoire et du chantier. Les photos prises sont par la suite collées sur les murs en un trompe-l’œil qui dédouble l’espace et fait à son tour partie de l’installation. L’atelier de l’artiste et le lieu d’exposition se confondent, le processus de création devient une partie de l’œuvre.

Les pièces montrées par Mot International marquent une nouvelle étape dans le parcours de l’artiste. Non qu’elle veuille s’écarter du principe de montage cinématographique et de la spatialité, mais son travail devient plus subtil et complexe. Ici, les photos sont imprimées sur des bâches translucides. Posées à même le sol, elles contiennent toutes sortes d’objets et de matières que l’on peut apercevoir par transparence. Ces masses organiques énigmatiques nous confrontent à une nouvelle vision de la réalité. En contrepoint, l’artiste a collé des photos de certaines de ses œuvres sur les fenêtres. Visibles de l’extérieur, à l’arrivée, elles deviennent invisibles de l’intérieur et laissent le regard s’échapper librement de la galerie. Le point de vue change. A voir.

Emmanuelle Lainé
Mot International
10 place du Petit Sablon
1000 Bruxelles
Jusqu’au 30 janvier
Du mardi au samedi de 10h à 18h
www.motinternational.com

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Emmanuelle Lainé, Dommage ! Il était si bien conservé, Mot International, Bruxelles

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Emmanuelle Lainé, Vue d’exposition, Mot International, Bruxelles

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Emmanuelle Lainé, Vue d’exposition, Mot International, Bruxelles

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Emmanuelle Lainé, vue d’exposition, Mot International, Bruxelles

 

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