Pour sa 61e édition, la Brafa accueille un nombre record de 136 galeries d’art dont 18 nouvelles enseignes. Certaines sont déjà venues précédemment (comme Francis Janssens van der Maelen ou les De Jonckheere que l’on ne présente plus) ; d’autres en sont vraiment à leur première participation : La Patinoire Royale et Albert Baronian pour Bruxelles ou la galerie d’archéologie new-yorkaise Safani, pour ne citer qu’elles. Comme toujours, la Brafa est ouverte à toutes les époques et à tous les styles artistiques.

Archéologie, tableaux anciens, arts premiers, art moderne et contemporain s’y retrouvent et se déclinent au fil des galeries originaires des quatre coins monde (du Japon à la Hongrie en passant par la France ou le Canada) qui y ont aménagé leur stand. Autant d’occasions de découvrir qui, des dessins anciens ou de l’argenterie XVIIIe, qui, des meubles contemporains ou des armes, armures et objets d’art du Japon.

Le XVIIIe autrement

Parmi les galeries, la parisienne François Léage présente pour la deuxième fois des pièces d’exception du XVIIIe dans un espace épuré ultracontemporain. Ce faisant, l’antiquaire français Guillaume Léage – qui doit être l’un des plus jeunes de la manifestation – surfe sur le caractère novateur et précurseur du mobilier de cette époque en matière de formes, de techniques, de décors et de matériaux. Cette idée qui lui tient à cœur, est celle qui présida également à l’exposition qui se tint à Versailles l’an dernier : XVIIIe, aux sources du design, chefs-d’œuvre du mobilier 1650 à 1789.

D’évidentes connivences existent entre les deux manifestations. Tout d’abord par le champ d’action de la galerie qui offre depuis cinq générations une vitrine d’exception aux meubles et objets d’art français du XVIIIe siècle (avec une prédilection pour les Louis XIV, XV et XVI). A cette spécialité reconnue par les plus grands – les châteaux de Versailles et de Compiègne, le musée Jean-Paul Getty à Los Angeles ou le Metropolitan Museum of Art à New York – il faut ajouter que Guillaume Léage a travaillé avec une des chevilles ouvrières de l’exposition versaillaise – Patrick Hourcade – pour l’aménagement de son stand bruxellois.

« Alors qu’à la Biennale de Paris nous présentons nos meubles dans de spectaculaires boiseries XVIIIe, pour la Brafa nous nous détournons des conventions en optant pour un décor sobre et géométrique dans les tons gris et blanc. Ce décor est composé d’écrins éclatés et ajourés qui se présentent comme des boîtes ouvertes qui soulignent le caractère spectaculaire d’un meuble, la délicatesse et la finesse de son ornementation. Dans ce décor contemporain, la commode en marqueterie de Boulle (fin de l’époque Louis XIV – Régence, ca. 300-500.000 euros) ressort merveilleusement. Cette pièce qui est à mes yeux d’une étonnante modernité se marierait très bien avec une œuvre de Kapoor, de Picasso, de Basquiat ou de Warhol. Je ne vois aucune limite dans ces associations passé-présent qui permettent de révéler une pièce, d’étonner positivement, de susciter la curiosité. Cette scénographie un peu différente permet de toucher un public plus jeune que notre public habituel qui ne sera pas pour autant déconcerté par ce cadre nouveau. »

« Nos meubles et objets d’art sont des pièces d’exception, de grande provenance et de qualité muséale. Ainsi, notre commode Boulle a un alter ego au Château de Versailles et nos fauteuils estampillés J.B.B. Demay ont les leurs dans la collection Wrightsman du Metropolitan ! Dans notre stand, nous avons mis en exergue le côté précieux de ces pièces. Elles s’apparentent à des bijoux pour lesquels nous avons créé des écrins autour desquels le public peut circuler. Certains, comme ces grands chenets attribués à Jean-Louis Prieur, ont été placés sur des podiums, à 80 cm de haut, comme des œuvres d’art à part entière. Ces pièces monumentales d’époque Louis XVI (d’une valeur tournant autour des 100.000 euros) témoignent d’un savoir-faire exceptionnel qui montre toute la grandeur de l’époque. »

Quant à savoir quelle est la force attractive de la Brafa sur une galerie de niche comme Léage, l’intéressé, fier d’être un habitué de la Biennale de Paris, n’hésite pas à parler de la foire bruxelloise comme l’une des foires les plus importantes d’Europe, drainant des collectionneurs belges mais aussi français, allemands, américains et européens en général. Et l’idée de proposer ses pièces d’exception à des collectionneurs belges « passionnés, avertis, intéressés et intéressants » (sic) l’enthousiasme, lui qui avoue un penchant pour des artistes comme Fontana, Pierre Soulages, Keith Haring ou Robert Combas et qui se plait toujours à aller faire un tour au musée Magritte lorsqu’il est de passage à Bruxelles.

Commode en marqueterie Boulle, marquée F.L. (pour François Lieutaud), Fin de l’époque Louis XIV – Régence), Galerie François Léage

Commode en marqueterie Boulle, marquée F.L. (pour François Lieutaud), Fin de l’époque Louis XIV – Régence), Galerie François Léage

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Chenet, Galerie François Léage

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