La galerie Valérie Bach, située à l’arrière de la magnifique Patinoire Royale à Ixelles, présente quelques perles de papier d’artistes plutôt coutumiers de la peinture. Dessins préparatoires, dessins abandonnés puis parfois oubliés par l’artiste lui-même ou encore dernière touche d’apothéose au terme d’un long travail, ces papiers calques, kraft, vélin sont déclinés avec comme point commun une poésie subtile et un esthétisme certain.

A la manière de ces dessins préparatoires de grands maîtres qui souvent confiaient le corps de leur œuvre à leur atelier, le dessin reste la trace, la marque, la signature intime de l’artiste, et cela se ressent. Ici, nous sommes touchés et charmés par l’authenticité de ces œuvres d’artistes dénichées par l’équipe de Valérie Bach. Pour en citer quelques-uns, l’installation de Yoan Beliard a retenu notre attention : composée de boîtes d’archives en métal comportant chacune trois dessins de fumées représentant un événement (la nomination du pape, les émanations toxiques d’un essai militaire, etc.), elle pose la question de l’empreinte du temps, lorsque tout part en fumée…

L’artiste Agnès Thurnauer nous livre sa vision aérienne du plus célèbre ready-made de Marcel Duchamp, un urinoir prêt à prendre son envol, référence tout en crayons de couleur et acrylique aux sublimes ailes dessinées par Albrecht Dürer, ou encore à l’exposition Elles dont fit partie l’artiste au Centre Pompidou en 2009. Le binôme Martine Feipel et Jean Bechameil donne parmi d’autres dessins plus récents à admirer (et à toucher ?) un dessin-pliage qui exprime l’utopie architecturale qui habita la France dans les années 1960, lorsque rayonnaient les idées aux accents communistes de cité idéale, qui finit aujourd’hui en ghetto : un travail sur la disparition, sur l’oubli de nos utopies passées.

Les insectes du Belge Pascal Bernier sont dans des positions ambigües, qui disent à la mine de plomb sur toile la survie de l’espèce, soit par l’amour, soit par le combat. Autre dessin en phase directe avec l’actualité climatique, le magnifique hommage en couleur aux voyages effectués par le couple Lucy + Jorge Orta qui raconte ce que l’on emporte, et qui ne nous survivra pas si l’on ne change pas notre attitude. Last but not least, les petites boîtes de Jeanne Susplugas issues de sa série Flying House questionnent la consommation et nos rapports à l’objet, de façon génialement humoristique. Une exposition particulière, intime, à voir !

Works on paper
Galerie Valérie Bach
6 rue Faider, entrée 15 rue Veydt
1050 Bruxelles
Jusqu’au 19 décembre
Du mardi au samedi de 11 à 19h
www.galerievaleriebach.com

Pascal-Bernier-struggleforlife-2015

Pascal Bernier, Struggle for Life, 2015, mine de plomb sur toile, galerie Valérie Bach (c) Pascal Bernier

Agnes-Thurnauer

Agnes Thurnauer, crayon, galerie Valérie Bach (c) Agnes Thurnauer

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