Nul besoin de rappeler le peintre, universellement réputé, ni le génial découpeur de papier colorié exposé récemment à la Tate Modern de Londres et ailleurs dans le monde. Cette dernière expo de Matisse a connu un prélude dans le musée qui s’est développé dans la ville où le peintre est né, Le Cateau. Il s’agissait d’abord d’une simple salle dans l’hôtel de ville. Le musée occupe désormais un vaste et ancien palais épiscopal où résidait jadis Fénelon. Grâce à des dons de la famille Matisse et celui, très important aussi, de l’éditeur Tériade, le musée possède la troisième plus importante collection Matisse de France.

Au Musée départemental Matisse, vous trouvez aussi des ensembles importants de l’œuvre d’Auguste Herbin (avant-garde) et de Geneviève Claisse (abstraction), artistes issus du Nord. Y est présentée actuellement l’œuvre gravée complète de Matisse et c’est une première. La famille Matisse soutient entièrement le projet en prêtant des pièces historiques. Vous découvrez les quatre plaques de cuivre, rayées, de la première gravure (pointe sèche) de Matisse, un autoportrait, Henri Matisse gravant et d’autres eaux-fortes. Plus loin, les matrices de gravures sur bois ou xylographies. Mais aussi des linogravures, des lithographies, des monotypes et des aquatintes. Il est clair que l’artiste s’intéressait beaucoup aux possibilités de reproduction de ses créations. Mais il n’en faisait pas un commerce. Le tirage des feuilles exposées varie de 1 à 50 exemplaires. C’est vraiment peu si l’on songe à ses concurrents de l’époque tel Picasso. Remarquons qu’il a utilisé la lithographie pour faire des dessins linéaires, sans couleur.

Un des points forts de l’exposition, ce sont les 14 grandes eaux-fortes qui reflètent la création de La Danse, la grande fresque peinte par Matisse en 1932 pour le Docteur Barnes, dans sa résidence – aujourd’hui musée – près de Philadelphie (USA). C’est une occasion unique de voir la série complète.

En 1950, Matisse a produit une aquatinte en couleur, Marie-José en robe jaune. Un sujet qui eut du succès ? Il en existe 10 exemplaires ! Il faut dire qu’il lui a bien fallu 20 ans pour vendre son livre Jazz, une merveille qui annonce les papiers découpés et fait aujourd’hui rêver les collectionneurs. Le catalogue publié conjointement par Silvana Editiorale et le musée retrace toute la production graphique du peintre.

Matisse et la gravure
Musée départemental Matisse

Le Cateau-Cambrésis
Jusqu’au 6 mars 2016

www.lenord.fr

matisse-Grande-tete-de-Katia

Henri Matisse, Grande tête de Katia, 1950-1951, Aquatinte, Planche 361, Éd. 2/10 – épreuve d’artiste, Collection privée, (c) Succession H. Matisse, 2015, photo Archives Henri Matisse

Grande odalisque à la culotte bayadère

Henri Matisse, Grande odalisque à la culotte bayadère, 1925, (c) Succession H. Matisse, Artists Rights Society (ARS), New York

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Affiche Matisse et la gravure, Musée départemental Matisse, Cateau-Cambresis

 

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