Quelle est la frontière entre notre corps et le monde ? Et comment puis-je me situer dans l’univers ? Pour répondre à ces questions, Jocelyne Coster en pose d’abord quelques autres : quelle est la taille du monde ? Et quelle est la taille de l’humain dans ce monde ? S’ensuit : quelles échelles peut-on calculer à partir de ces deux pôles essentiels ? Que nous racontent ces échelles de mesures ?

Jocelyne Coster interroge en permanence le rapport entre l’humain et l’univers. C’est-à-dire entre son propre corps et l’immensité de ce qui l’entoure. Ce questionnement est le centre de son travail. Prenant ses mesures, elle veut ensuite les mettre en dialogue. L’infiniment petit et l’infiniment grand se répondent. Ils sont proches, presque semblables. Ils ont des liens de fraternité étonnants et émouvants.

Ainsi, en photographiant des paysages vus du ciel, elle les met en rapport avec les empreintes d’une peau. La topographie d’un endroit vaste et large versus un petit morceau d’épiderme agrandi. Ce faisant, elle fait exploser notre rapport à la taille des choses. Avec ces liens, l’artiste entame un dialogue universel, que nous ne pouvons refuser. Car il est question de notre identité. Parfois, des tensions apparaissent entre ces deux extrêmes. Coster nous les fait voir. Elle prend position.

Pour son nouveau travail, elle présente un langage avec les mains. Une ou deux mains se mettent en mouvement et expriment un concept compréhensible partout dans le monde : le pouce levé de l’autostoppeur, une main qui compte, un doigt accusateur, deux mains qui miment l’acte sexuel… Après les frontières géographiques, ce sont les frontières de la communication et du langage que tente de faire éclater l’artiste. Si ces gestes-là sont universels et compréhensibles par chacun tout autour du globe, alors quelque chose de l’ordre de l’apaisement est possible.

Enquêtant sur le pouvoir des mots, Jocelyne Coster s’empare de couple d’antonymes avec lesquels elle joue sans frein. Sur un élégant plissé de métal noir, abondance se lit d’un côté, alors que de l’autre, on peut lire austérité. Plus loin: réalité – fiction, impartiale – arbitraire ou cynisme – respect… C’est l’angle de vue qui définit ce qui est à lire. Voilà bien la marque de fabrique de l’artiste qui s’applique à proposer encore et toujours d’autres manières de voir la réalité. Ce twist parfois poétique, souvent poétique, est surtout d’une clairvoyance précise et aiguisée.

Finalement ce qui obsède Jocelyne Coster, ce sont toutes les interactions possibles de l’humain. Et donc, sa place dans le monde et au milieu de ses semblables. Une quête autant personnelle et intime qu’universelle et politique. Jocelyne Coster est née à Bruxelles en 1955. Elle est diplômée en sérigraphie (atelier de Marc Mendelson) de l’ENSAV La Cambre. Elle a été professeure de sérigraphie, entre autres, plusieurs décennies à l’Académie d’Ixelles. Elle expose régulièrement depuis les années 1970. Une monographie, Identification, a été publiée en 2013 à La Lettre Volée.

Jocelyne Coster
Artitude
Rivoli Building #12
690 chaussée de Waterloo
1180 Bruxelles
Jusqu’au 16 janvier 2016
Du jeudi au samedi de 13h à 18h

http://www.artitude.be/

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Jocelyne Coster, Bravo, (c) J. Coster 2015, Artitude

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Jocelyne Coster, Bravo, (c) J. Coster 2015, Artitude

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Jocelyne Coster, Au revoir, (c) J. Coster 2015, Artitude

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Jocelyne Coster, Au revoir, (c) J. Coster 2015, Artitude

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Jocelyne Coster, Accusation, (c) J. Coster 2015, Artitude

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Jocelyne Coster, Au revoir, (c) J. Coster 2015, Artitude

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Jocelyne Coster, Barbarie – Humanité, (c) J. Coster 2015, Artitude

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Jocelyne Coster, Barbarie – Humanité, (c) J. Coster 2015, Artitude

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Jocelyne Coster, Barbarie – Humanité, (c) J. Coster 2015, Artitude

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Jocelyne Coster, Démocratie, (c) J. Coster 2015, Artitude

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