« Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant. 

Est-elle brune, blonde ou rousse ? – Je l’ignore. » (…), écrit Paul Verlaine.

Carolina Fernandez l’ignore aussi. Pourtant elle n’hésite pas à la peindre, gracieuse et dénudée, sur des petites toiles sur lesquelles il faut se pencher. Fernandez n’hésite pas à convoquer ses rêves, de ceux qui jettent le trouble, installent une tension entre le réel et l’inconscient, évoquent des pensées sous-jacentes, subconscientes. Fernandez peint des scènes étranges. S’en dégage une impression de solitude. Quelque chose de l’ordre de la nudité, de la crudité. Pas celle des corps. Celles des sensations. Sensations crues : être seul, être en méditation, être ailleurs.

Carolina Fernandez est une artiste colombienne née à Bogota. Elle vit et travaille à Bruxelles. La jeune artiste entre sans complexe dans ce grand mouvement du retour à la peinture. Ses petits formats sont chacun des mises en scène pleines de mystère. On y découvre un ensemble d’éléments récurrents, comme cette jeune femme dénudée, une chaise ou un chien bleu.

Ici, une salle de classe vide d’élèves mais pleine de chaises en désordre. Si on regarde bien, de l’herbe pousse sur les bords des murs. Là, une femme dénudée enfile une chemise, dans un cadre étrange, puisque la table voisine a un pied en forme de main et qu’on aperçoit par une ouverture dans le mur, un chien bleu. Ici, une jeune femme porte autour du cou une collerette qu’on met habituellement aux chiens, pour qu’ils ne se grattent pas. Ces scènes énigmatiques déroulent leur charme languissant, en même temps qu’une belle maîtrise de la technique et du rendu, dans la lignée des hyperréalistes des années 1960 et 1970. Une belle découverte, comme souvent chez Rossi.

Carolina Fernandez
The middle way
Rossi Contemporary
Rivoli Building
690 chaussée de Waterloo
1180 Bruxelles
Jusqu’au 16 janvier 2016

Du jeudi au vendredi de 13h à 17h, samedi de 14h à 18h
www.rossicontemporary.be

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