Robe longue en gazar blanc rebrodé, Yves Saint Laurent Haute Couture, Printemps-été 1972, modèle n°54, estimation 3-4.000 euros, vente PBA à Paris le 18 novembre 2015 – www.pba-auctions.com

Satin, soie, mousseline, taffetas, vison, organza… Autant d’étoffes qui évoquent l’univers de la haute couture auxquelles s’ajoutent l’or jaune, le platine, les diamants, les perles et le lapis-lazuli des bagues, pendants d’oreilles, colliers, bracelets, chaînettes, épingles de revers et autres boutons de manchettes. Le monde du luxe et de l’élégance dans toute sa splendeur, avec des créations des plus grands couturiers – Chanel, Balanciaga, Christian Dior, Givenchy ou encore Pierre Cardin – et de joailliers tout aussi sélects comme Verdura, Cartier, Chaumet, Van Cleef et René Boivin, se prêtera aux enchères chez Pierre Bergé & Associés ce 18 novembre prochain.

Toutes ces pièces – objets de vitrine, bijoux et garde-robe – proviennent de la succession de la baronne Alain de Rothschild. Elles racontent la vie de cette femme fortunée par ses habits et tous ses atours : les innombrables robes, sacs, manteaux, escarpins, toques, boléros, étoles et foulards aux motifs inspirés des grands peintres comme Calder ou Kandinsky. Y figurent un grand nombre de créations haute couture signées Yves Saint Laurent, parmi lesquelles un pyjama du soir en soie noire imprimée jaune et ocre, la robe Arlequin aux carreaux multicolores ou celle aux motifs de coquelicots parsemés de papillons bleus. La robe longue en gazar blanc brodé de fleurs est celle que la baronne portait lors de sa présentation à la Reine d’Angleterre Elisabeth II. Elle a également fait partie de l’exposition au Metropolitan Museum of Art de New York de décembre 1983 à septembre 1984. Elle peut aujourd’hui être acquise pour une somme de 3-4.000 euros. Ce montant, ainsi que ceux réalisés par les 263 autres lots lors de ces enchères, le sont au profit du Mémorial de la Shoah.

Les tenues somptueuses de Mary de Rothschild ne devraient pas faire oublier un pan intrinsèque de son histoire. Née pendant la Première Guerre mondiale, elle est réfugiée aux Etats-Unis pendant la durée de la guerre 1939-1945 et de l’Occupation. « Pourtant, expliquent ses enfants, la baronne n’a pas vécu de loin la période dramatique de ces évènements en Europe. Son mari, Alain de Rothschild, était prisonnier en Allemagne dans un Oflag à Zoest puis à Lubeck et il ne fut libéré qu’en 1945. Suivant les nouvelles avec angoisse au jour le jour et par solidarité avec les combattants, elle avait même tenu à passer un diplôme d’infirmière dans un hôpital de New York, mais ce qui la bouleversait profondément était le sort dramatique des Juifs restés en Europe. Le travail du Mémorial, dont les origines et les recherches remontent à l’année 1943, l’intéressait à titre personnel. Les extraordinaires archives réunies par le Mémorial la fascinaient et elle a été l’une des premières à se préoccuper de leur état et à chercher des solutions pour leur conservation, se sentant très concernée et proche de la vie des rescapés et des familles des disparus. Voulant être certaine que le Mémorial ait les moyens de poursuivre ses actions, tant historiques que pédagogiques, elle s’employait à trouver les soutiens financiers pour l’aider dans cette tâche. Elle a donc souhaité léguer au Mémorial de nombreux bijoux et robes, témoignages de sa légendaire élégance ». Verdict le 18 novembre dans la ville lumière.

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Robe longue en gazar blanc rebrodé, Yves Saint Laurent Haute Couture, Printemps-été 1972, modèle n°54, www.pba-auctions.com

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