L’Art belge repensé pourrait être un bon sous-titre pour l’exposition Nervia/Laethem-Saint-Martin, Traits d’union qui vient de s’ouvrir au Musée d’Ixelles. On y découvre à la fois le groupe d’artistes de Laethem-Saint-Martin, dit de l’Ecole de Laethem-Saint-Martin, près de Gand, et le groupe hennuyer Nervia, autour de Mons, à peu près contemporains l’un de l’autre. L’exposition dépasse ainsi les frontières régionalisées d’aujourd’hui. On y évoque une période riche en évolution, la naissance de l’expressionnisme et du fauvisme ainsi que l’art abstrait (pensez au carré noir) dont il n’est pas du tout question ici.

Ces artistes belges gantois et montois suivaient le naturalisme et le symbolisme, deux courants qui font partie de notre héritage artistique. En y ajoutant une interprétation personnelle liée à la région. De Laethem, on trouve Valerius de Saedeleer, Albijn Van den Abeele, George Minne, Albert Servaes, Gustave Van de Woestyne, Gust De Smet, Frits Van den Berghe et Jakob Smits. Du groupe Nervia – aussi informel que celui de Laethem – vous trouvez Anto Carte, Louis Buisseret, Frans Depooter, Taf Wallet, Léon Navez, Léon Devos, Rodolphe Strebelle et Pierre Paulus. Beaucoup de noms. Ils n’ont pas tous le même poids au niveau du marché de l’art. Mais la confrontation des œuvres est enrichissante et montre que la frontière de l’art n’est pas celle de la politique. Le succès international des artistes flamands de cette époque est dû entre autres au fait qu’ils s’inscrivaient tout naturellement dans la grande tradition de l’art flamand depuis Van Eyck. Cette situation se prolonge jusqu’à aujourd’hui. Ce n’était pas possible pour Nervia dans le contexte de l’époque. Il s’agit d’une question d’identité plus ou moins bien installée.

Pour l’amateur d’art et plus particulièrement le collectionneur, l’exposition est un délice. Vous y trouverez des confrontations intéressantes et même jamais vues. Un passage entre stylisation symboliste et mise en scène réaliste avec une touche expressionniste. Avec entre autres, en guest star, La Table des enfants de Gustave Van de Woestyne, habituellement accroché dans l’escalier du Musée Van Buuren. Bref, une exposition nécessaire et instructive, grâce à la collaboration entre les musées de Gand et d’Ixelles. A ne pas manquer !

Nervia/Laethem-Saint-Martin, Traits d’union
Musée d’Ixelles
71 rue Jean Van Volsem
1050 Bruxelles
Jusqu’au 17 janvier 2016
Du mardi au dimanche de 9h30 à 17h
http://www.museedixelles.irisnet.be/

Gustave Van de Woestyne, Les deux jeunes filles, sd, Coll Com flamande – dépôt à long terme au Musée d’Ixelle (c) SABAM Belgium 2015

Gustave Van de Woestyne, Les deux jeunes filles, sd, Coll Com flamande – dépôt à long terme au Musée d’Ixelles (c) SABAM Belgium 2015

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Valerius De Saedeleer, Boomgaard op het einde van de winter, 1908, ’t Gasthuys – Stedelijk Museum Aalst

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Louis Buisseret, Dans l’atelier du peintre, 1928, Inv 4806 – MRBAB © SABAM Belgium 2015, MRBAB

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Gustave Van de Woestyne, Gastvrijheid voor vreemdelingen, 1920, Gent, Museum voor Schone Kunsten, (c) SABAM Belgium 2015

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Gustave De Smet, Vrouw aan het venster, 1920, Coll. Musée d’Ixelles, (c) photo Mixed Media, Belgium 2015

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Anto Carte, Maternité, sd, Coll. Musée d’Ixelles

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Anto Carte, Les Aveugles, sd, Musée des Beaux-Arts de Liège (BAL)

 

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Léon Navez, Laissez venir à moi les petits enfants, 1927, Collection privée, (c) SABAM Belgium 2015

 

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