La galerie bruxelloise LKFF s’est spécialisée dans les œuvres de sculpteurs renommés ou prometteurs. Elle dédie son exposition en cours au sculpteur autrichien Mario Dilitz qui fait rayonner la matière. Incursion dans la face cachée de la texture.

Mario Dilitz (1973), c’est d’abord le bois. D’hier à aujourd’hui, il a choisi de modeler un matériau ancien, solide et fragile à la fois, pour dresser ces hommes, ces femmes et ces enfants, présentés dans leur nudité, sans artifices, sans signes vestimentaires distinctifs. Dans un dépouillement qui nous ramène aux origines, à nos fragilités premières. Pour ne pas biaiser notre regard. Le bois est par essence une matière chaude, organique et vivante qui fait partie des gènes et du paysage tyrolien natal de l’artiste. C’est dans l’atelier de son père, artisan en sculpture ornementale, qu’outils en main, il apprend très tôt à apprivoiser ce matériau. Voilà une des clés de son travail et d’un savoir-faire parfaitement maîtrisé, sculpture après sculpture. L’artiste privilégie le tilleul, un bois blanc au beau grain fin et sobre, dont l’homogénéité et la docilité ne nuisent pas visuellement aux traits fins des visages. Après un voyage en Afrique du Sud, il se tourne vers le chêne, un bois plus dur et plus résistant.

Mario Dilitz affectionne le laminé-collé, flexible et facile à plier. Cette technique s’affranchit des contraintes de la taille de l’arbre, des écueils que sont les nœuds et les veines. Quasi invisible sur le tilleul, elle permet des morphologies parfaites, une beauté intègre des corps. Il donne chair et âme à la texture. L’artiste connaît bien l’architecture humaine, à tel point qu’il crée sans modèle, de mémoire. Les poses, le mouvement arrêté sont aussi parlants que la nudité. Le visage est sa partie fétiche. Car ce qui compte pour le sculpteur, c’est la surface, la partie visible de l’altérité, cette fausse neutralité des faces anonymes qui renvoie à une émotion contenue, sous-jacente, à des affects intériorisés et au domaine du sensible. Les visages sont des portes d’entrée où le spectateur projette ses propres ressentis. S’installe alors une résonance silencieuse entre soi et l’autre qui délivre des vérités intérieures, la fragilité de destins dont on ne sait rien.

Mario Dilitz
LKFF Gallery
15 rue Blanche
1050 Ixelles
Jusqu’au 9 janvier 2016
Du mercredi au samedi de 12h à 18h
http://www.lkff-sculptures.com/

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Mario Dilitz, Holz #5, 2014, tilleul, (c) Mario Dilitz

Mario Dilitz, holz #30, 2014, Lindenholz, 186 x 29 x 27 cm,

Mario Dilitz, Holz #30, 2014, tilleul, (c) Mario Dilitz

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Mario Dilitz, #124, chêne, 2015, (c) Mario Dilitz

Dilitz-Holz-125-oak-2015-120x32x27cm

Mario Dilitz, #125, chêne, 2015, (c) Mario Dilitz

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Vue de l’exposition, Mario Dilitz, , (c) Mario Dilitz

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