Hanne Darboven (1941-2009) compte parmi les grands artistes conceptuels du siècle dernier, tout comme ses amis new-yorkais Sol LeWitt, Joseph Kosuth et Carl André. L’Allemagne lui consacre une grande rétrospective, au même moment à Bonn et Munich, non sans raison.

L’essentiel de son œuvre, très vaste d’ailleurs, reflète l’histoire récente. De la catastrophe en 1940-1945 à la lente évolution via la République fédérale, jusqu’à l’Allemagne réunifiée d’aujourd’hui. On pourrait dire qu’il s’agit d’une œuvre politique. C’est le cas, elle prend parfois clairement position dans le débat entre la gauche et la droite, entre les socialistes et les conservateurs chrétiens (et bavarois). Mais il y a bien plus. Cela permet au public qui n’est pas familiarisé avec le débat politique en Allemagne d’y trouver un cheminement riche en découvertes.

L’artiste est née à Munich, d’une mère danoise et d’un père allemand actif dans le commerce de produits coloniaux près de Hambourg. Elle suit les cours à l’académie et poursuit sa formation à New York. L’idée des souvenirs la poursuit, dès le début. Elle collectionne des cartes postales et des photographies anciennes (vers 1900) pour les insérer dans des œuvres. De même pour des petits agendas remplis de notations jour pour jour. L’idée de noter, d’écrire ce qui se passe (au lieu de filmer) est son point de départ. Elle dira, à ce propos : « J’écris, je ne décris jamais ».

Ce raisonnement a mené à des œuvres gigantesques, réalisées par son atelier. C’est ainsi que vous pouvez admirer, dans la Bundeskunsthalle, déjà assez monumentale, une œuvre prêtée par le Musée d’art moderne de la Ville de Paris composée de 1400 cadres, Weltansichten 00-99. Il s’agit, comme on peut le deviner, d’un commentaire qui couvre un siècle entier.

L’autre face de Darboven a quelque chose du Nord. La reconstitution de son bureau montre un penchant brocante –  des objets de la Belle Epoque, des jouets d’enfants, etc. – à côté d’une sculpture de LeWitt. C’est une autre piste dans une œuvre qui peut paraître très intellectuelle. L’espace Enfants de ce monde avec poupées permet d’entrer dans un monde peut-être plus personnel.

Hanne Darboven
Bundeskunsthalle
Bonn
Allemagne
Jusqu’au 17 janvier 2016
www.bundeskunsthalle.de
et à Munich

www.hausderkunst.de

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Hanne Darboven, Zeitgeschichten, Bundeskunsthalle Bonn 2015

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Hanne Darboven, Bundeskunsthalle, Bonn

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Hanne Darboven, Bundeskunsthalle, Bonn

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Hanne Darboven, Bundeskunsthalle, Bonn

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Hanne Darboven, Zeitgeschichten, Bundeskunsthalle Bonn 2015

 

 

 

 

 

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