Xavier Lust est un géant. De par sa taille mais aussi parce qu’il a depuis longtemps conquis les éditeurs internationaux de design et le cœur des amoureux de l’objet bien dessiné. Aujourd’hui, le designer a droit à sa rétrospective dans les beaux espaces du Botanique et dans sa ville. Pour entrer, on traverse un tunnel de plexi rouge, très Kapoor, dont les bords courbés nous emmènent dans les entrailles de l’exposition.

Xavier Lust a, dès 1999, mis au point une technique de déformation de plaques d’acier. Ce procédé génère sans moule des formes galbées. Du banc à la table en passant par la chaise, il a déployé ce procédé en une gamme complète de mobilier. On a pu voir la table Picnik au Mont des Arts et de manière permanente ses bancs d’acier, le long des trottoirs de la capitale, avec leurs pieds adaptés à la pente de la rue. Depuis tagués, ils sont toujours en place.

Ses objets ont deux qualités. Ils sont solides et aériens. La courbe semble être la ligne qui inspire le plus le designer. Grâce et force sont deux autres qualificatifs qu’on peut attribuer à sa production. La source fondamentale d’inspiration de Lust est la matière elle-même et l’ensemble des possibilités que chacune offre. Acier, aluminium, verre, pierre, ardoise, cuir sont manipulés jusqu’à donner le meilleur d’eux-mêmes et jusqu’à la surprise. C’est ce qui fait la beauté des objets créés par le designer. Avant lui, qui aurait pu penser qu’on pouvait courber l’acier en un S aussi élégant ?

Diplômé en 1992 de Saint-Luc Bruxelles, le designer, né en 1969, a tracé sa route tout seul, d’abord en ouvrant dans les années 1990 son atelier dans le quartier du Châtelain, où il assemblait des pièces de métal récupérées. Ensuite en signant au fil des années avec des marques prestigieuses comme MDF Italia, Driade, De Padova ou Cerruti Baleri. En 2000, il obtient, avec Le Banc, son premier grand succès au Salone del Mobile de Milan. Depuis, il a été primé d’une douzaine de distinctions, dont la mention spéciale du Compasso d’Oro. « Je vois le processus de création comme une équation à quatre paramètres : fonctionnalité, beauté, culture, technologie », explique le designer qui a gagné voilà cinq ans l’appel d’offres pour tous les abribus de la capitale. Ils seront en place en 2016.

Ces dernières années, Xavier Lust, qui maîtrise la création de mobilier pour la production à grande échelle, a choisi de développer des pièces très haut de gamme, en édition limitée, présentées en galerie. Ainsi Gold Graph, bureau en verre courbé décoré à la feuille d’or, des tables basses en ardoise, la S-Table déclinée avec un pied en bronze, Le Banc recouvert de cuir tissé par les ateliers Charles Schambourg, etc. La console Continents, sur le même modèle que Le Banc, est réalisée en laiton patiné. Pointons ses bougeoirs en métal, la bibliothèque toute en courbe et qui donc penche un peu, les consoles et les miroirs en aluminium poli miroir.

Ses pièces sont représentées dans de nombreuses collections muséales et institutionnelles permanentes, dont celles du Stedelijk Museum d’Amsterdam et du Musée des Arts Décoratifs de Paris. L’exposition au Botanique donne un bel aperçu de la patte du designer belge. A voir!

Xavier Lust
Design Stories
Le Botanique
236 rue Royale
1210 Bruxelles
Jusqu’au 1er novembre
Du mercredi au samedi de 12h à 20h
www.botanique.be

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Xavier Lust, Continents, photo Brice Vandermeeren

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Xavier Lust, Chair, MDF Italia, (c) Xavier Lust

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XST – table d’appoint, (c) Xavier Lust, Botanique

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Xavier Lust, photo Michel Damanet, Le Botanique

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Xavier Lust, photo Michel Damanet, Le Botanique

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Xavier Lust, photo Michel Damanet, Le Botanique

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