L’Argentin Sergio Moscona est de retour sur les cimaises de la galerie parisienne Lazarew, qui inaugure un nouvel espace place du Jeu de Balle. En voyant les œuvres de ce jeune artiste et sa science de l’enchevêtrement, on devine qu’il ne s’en tiendra pas là. Une belle surprise.

La richesse culturelle de la tauromachie a toujours fasciné et conquis les arts. De Lascaux à Picasso, la figure rhétorique du taureau a inspiré écrivains, peintres, sculpteurs et musiciens. Le mot seul possède une magie qui ouvre à l’imaginaire et à l’inconscient bien des portes. Sergio Moscona s’empare de cette ancienne thématique pour en faire une mythologie personnelle et polyvalente.

Né en 1979 à Buenos Aires pendant la dictature militaire dans un milieu de psychologues, l’artiste s’intéresse dans son travail autant au social qu’à l’individu. Artisan du collage et de la superposition, il aime dépeindre des scènes de groupe, excelle dans les rôles doubles, voire triples de ses personnages. Dans ces visions protéiformes, il esquisse avec maestria des jeux de miroirs, de transparences, des jeux de société tout droit jaillis de son cerveau. Il réussit des dispositions scéniques qui jouent avec les multiples facettes de la réalité. La puissance du trait et l’énergie des couleurs frappent et piègent le regard. Toujours dans un bel équilibre de formes et de volumes en tension.

Moscona nous entraîne cette fois-ci vers de nouvelles arènes. Tout autant festive que dramatique, la corrida est faite de réalité et de tragédie, de collision de forces. C’est la rencontre de la civilisation et de la nature brute. Moscona expérimente peinture et dessin avec maints détails dans ces sortes de combats grotesques, ces corps à corps, ces empoignades ou ces apaisements qui brassent homme et animal, torero et minotaures, sans souci de contradictions ou d’espace. On ne sait s’ils jouent, s’aiment ou se déchirent. Dans cet enchevêtrement où s’entrelacent de multiples références, l’artiste chorégraphie et met en scène les réalités d’une société parfois cruelle. 

Sergio Moscona, D’autres Arènes
Galerie Lazarew
66 place du Jeu de Balle
1000 Bruxelles
Jusqu’au 21 novembre
http://www.galerie-lazarew.fr/

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Sergio Moscona, En el Mismo Tren, technique mixte sur papier

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Sergio Moscona, A las Corridas, technique mixte sur papier

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Sergio Moscona, Chevauchant une trahison, technique mixte sur papier

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Sergio Moscona, L’Arène, technique mixte sur papier

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Sergio Moscona, A las Arenas, technique mixte sur papier

A propos de l'auteur

Elisabeth Martin

Collaborateur
"Tout le monde discute mon art et fait semblant de comprendre, comme s'il était nécessaire de le comprendre, quand il s'agit d'aimer…" - Claude Monet
Traductrice, pédagogue, licenciée en sciences humaines et histoire de l' art à l'Université Ouverte de Barcelone (UOC). Passionnée d'art contemporain avant tout, elle collabore avec certains artistes et rédige reportages et critiques depuis 2010. C'est un regard personnel qu'elle souhaite montrer sur ses découvertes et intérêts.

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