Le soleil franc de l’automne ravive la joie dans le piétonnier de la rue du Pays de Liège, il annonce en quelque sorte notre prochain changement de dimension. Nous nous arrêtons chez Alice Gallery. Le seuil franchi, des esprits polymorphes nous accueillent, voletant dans la pièce, ils esquissent des figures mystérieuses, l’on se sent glisser ailleurs. De loin en loin.

On dirait des objets sur des étagères, ce sont des allégories. Elles détourent une histoire de la peinture que Paul Wackers se réapproprie. Il les a rapportées de ses voyages – distanciés, comme vécus par d’autres, dans un temps flou – dans les vastes paysages spirituels qu’il peignait jadis, au seuil du siècle. Il ressentit la nécessité d’en faire l’inventaire. Il voulait y mettre de l’ordre. Son exposition s’appelle New Alphabet. Paul nomme. Plastiquement. Il crée du langage par associations. Evidente référence surréaliste. Pour ce faire, Paul Wackers s’est approché de ses horizons premiers, il a trifouillé dans ses sous-bois et mis à nu des clairières impensables recelant des machines imaginaires, des plasmas lumineux, des architectures incarnées, des paysages mentaux désertés par les corps et les animaux dont les âmes se sont emparées de formes récurrentes.

Paul tend ses lignes entre des objets dont seuls les contours restent indicatifs mais dont le traitement invite au seuil de perspectives dans la perspective, de telle manière que le regard du spectateur rebondit dans ses compositions, sur ses étagères, au cœur de sa géométrie personnelle, dans un ciel d’aplats découpés, et se retrouve dans son studio à Brooklyn entre Matisse, Calder, Miro et Kandinsky devisant amoureusement de lieux, de non-lieux, de vases et de jungles avec le douanier Rousseau. Les compositions sont rigoureuses et si c’est d’abord une impression de classicisme qui étreint le regard, les généreuses associations des teintes sont sans doute moins en cause que le dialogue développé par le peintre avec les grands ancêtres. Nous sommes à deux pas du Rempart des Moines et on les entend chuchoter leur goût pour les collages, le pointillisme, les condensations de la matière, on les voit chanter la superposition des espaces et rire dans la joie des perspectives de cette très belle exposition. Né en 1978 à New Haven, Connecticut, Paul Wackers vit et travaille à Brooklyn.

Paul Wackers
New Alphabet
Alice Gallery
4 rue du Pays de Liège
1000 Bruxelles
Jusqu’au 24 octobre
Du mercredi au samedi de 14h à 18h
alicebxl.com

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Exposition Paul Walckers, Alice Gallery

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Paul Walckers, Alice Gallery

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Paul Walckers, Alice Gallery

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Paul Walckers, Alice Gallery

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Paul Walckers, Alice Gallery

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Paul Walckers, Alice Gallery

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Paul Walckers, Alice Gallery

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