Sous le règne de François Ier, les résidences royales dans le pays de la Loire et à Fontainebleau illustrent son goût pour la Renaissance italienne. Il y attire des artistes italiens, dont Léonard de Vinci, mais aussi quelques flamands. Il commence à rassembler une grande bibliothèque, en partant de collections constituées par ses ancêtres ou confisquées, notamment la bibliothèque des Bourbons. Il s’agit ici de manuscrits illustrés. Il fait acheter des livres imprimés, principalement à Venise.

François Ier fait déjà une distinction, à ce moment-là, entre la bibliothèque royale – destinée au royaume –  et sa bibliothèque personnelle. Le fonds royal sera transféré à Fontainebleau et fait maintenant partie de la Bibliothèque nationale. François Ier semble être le premier à s’être soucié de ce qui deviendra le dépôt national, c’est-à-dire le dépôt obligatoire pour tout livre imprimé dans le royaume. Il a fallu quelque temps pour imposer cette mesure. Mais l’idée, dont l’utilité n’a jamais été contestée, a été reprise ensuite dans toute l’Europe et dans le monde.

Ainsi, vous pouvez découvrir au château de Blois la naissance de la Bibliothèque nationale et du Dépôt national, dans les lieux historiques. Ce qui attire d’abord le regard, ce sont des illustrations remarquables. Quelques exemples : un texte d’Erasme, traduit par un humaniste français, René Fame, et enluminé par un peintre parisien, Pierre Bellemare. L’intérêt pour les nouvelles pensées, telle l’humanisme, explique la présence d’une œuvre assez critique de Sebastien Brant, La Nef des fous, sujet en vogue à l’époque (Erasme, Jérôme Bosch, etc.) On découvre aussi de nombreuses éditions de textes classiques en traduction, des médailles, etc. Le roi s’intéressait aux sciences et aux livres traitant de la nature et des techniques.

Cette ouverture d’esprit, on la trouve dans son recrutement d’artistes et d’artisans italiens : des peintres bien sûr, mais aussi des architectes et techniciens. Et bien sûr un génie universel comme De Vinci, qui a ainsi trouvé sa tombe dans la région. Tout cela illustre l’importance des résidences royales au pays de la Loire pour la diffusion de la Renaissance, en art et en architecture. Ainsi que la naissance de l’idée de la culture livresque en tant qu’élément de l’identité d’un royaume, d’un empire, d’un pays, d’une république. L’ampleur de Bibliothèque nationale actuelle dans le paysage parisien en est une conséquence.

Trésors royaux. La bibliothèque de François Ier
Château de Blois
Jusqu’au 18 octobre
Blois
France
www.francois1er.org  
www.chateaudeblois.fr

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Sebastian Brant, La nef des fous, frontispice, 1497-1498, Vélins 607, (c) BnF

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Erasme, Paraphrase sur l’évangile de Saint Mathieu, La Parabole du semeur, (c) BnF

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Muller, aquarelle, Château royal de Blois, Lepissier

 

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