Choisir une plante verte assez commune, de celles qu’on trouve dans beaucoup d’habitations. Attendre sans l’arroser qu’elle se déssèche, que ses larges feuilles s’affaissent, s’enroulent sur elles-mêmes, se flétrissent. Bref, la laisser mourir un peu. C’est l’étrange idée du photographe Christian Carez qui présente aujourd’hui ses natures mortes d’une tristesse infinie au Salon d’Art.

Christian Carez, né en 1938, a eu une enfance marquée par la guerre. Il explique qu’il a des souvenirs très précis des alertes aériennes, des bombardements, des rafles, des arrestations… Il sera étudiant à La Cambre puis professeur durant plus de 20 ans. Il réalise des photographies mises en scène, fictionnelles et d’autres, documentaires.

Maltraitant cette plante tropicale qu’est le calathea, le plaçant devant un fond noir, l’éclairant comme une star de cinéma (sur le retour), le photographe instrumentalise sans vergogne cette plante si anodine de nos intérieurs, pour exprimer son plus vif ressentiment, sa colère et un désespoir non teinté d’humour. Du vert tendre au violet foncé en passant par le gris, les calathéas de Christian Carez sont peut-être les illustrations de ses pensées profondes et désespérées. Rien ne va plus. Ou alors le résultat d’un jeu formel mis en place par un esprit taquin. Le monde végétal n’a qu’à bien se tenir. Ramenez donc l’une de ces photos chez vous, elles sont sublimes et il n’est pas nécessaire de les arroser.

Christian Carez
Calatheas
Le Salon d’art
81 rue Hôtel des Monnaies
1060 Bruxelles
Jusqu’au 17 octobre
Du mardi au vendredi de 14h à 18h30, samedi de 9h30 à 12h et de 14h à 18h
lesalondart.skynetblogs.be/

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Christian Carez, Calathéas, #21

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Christian Carez, Calathéas, #12

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Christian Carez, Calathéas, #9

 

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