Daniel Von Weinberger, Collier, estimation 1.500 euros, mis en vente chez Cornette de Saint-Cyr le 21 septembre 2015 – www.cornettedesaintcyr.be

C’est parti pour la première vente aux enchères de mode belge à Bruxelles, à l’initiative de la maison française établie chaussée de Charleroi à Saint-Gilles. C’est en effet l’équipe de Wilfrid Vacher de Cornette de Saint-Cyr – Bruxelles qui a rassemblé plus de 150 lots issus de la planète mode belge. Et l’on sait combien cet univers est riche et pluriel, à l’image de ces Six d’Anvers qui, depuis les années 1980, ont donné au stylisme belge ses lettres de noblesse. Depuis lors, la mode c’est (aussi) belge ! La récente expo The Belgians à Bozar n’a fait que le confirmer. La présence de créateurs belges sur la scène internationale est indéniable (Dries Van Noten, Walter Van Beirendonck, Raf Simons, Ann Demeulemeester pour ne citer qu’eux) et leur succès considérable. Pas de raison donc pour la capitale de l’Europe de ne pas surfer sur la vague des ventes fashion qui ont le vent en poupe en Europe.

Clap première ce 21 septembre avec une manne pleine de vêtements mais aussi d’accessoires, de sacs, de bijoux, chapeaux, foulards, chaussures, signés Dirk Van Saene, Olivier Theyskens, Marina Yee ou Eric Beauduin. Une broche en or et diamants de Jasbir Sandhi (créée pour l’expo Dress Code de Belgian Spirit à Hong Kong, estimation 7.500 euros) voisine avec un sac Delvaux des Fifties tandis que les fameuses bottines de Dirk Bikkembergs côtoient les créations de Martin Margiela, d’Ann Demeulemeester (sa robe cheveux, un best-seller de 2010) et un sublime collector’s item avec un tablier en cuir de Lieve Van Gorp dont la boutique a malheureusement fermé.

Le collier plein de fantaisie colorée de Daniel Von Weinberger (estimation 1.500 euros) est typique de l’extraordinaire production de cet Anversois qui fabrique du jamais vu à partir d’éléments hétéroclites. Chacune de ses créations est unique et chargée d’une bonne dose d’originalité. Elles sont de ce fait particulièrement singulières et facilement identifiables. Souvent qualifiées d’excentriques voire d’extravagantes, ses créations n’en sont pas moins pertinentes. L’homme, dont les œuvres furent exposées au Grand Hornu sous l’intitulé Le plastique c’est chic, joue de la provocation en mêlant ordures et matériaux pauvres aux matières précieuses (ivoire, argent, or, etc.) tout en posant la question du gaspillage, de la société d’hyperconsommation et du recyclage. Ses parures mais aussi ses objets d’art se composent souvent de plastique certes, mais également d’éléments technologiques, de jouets, de plumes, de poupées ou de perles. Sa passion déborde de l’univers de la bijouterie avec un intérêt marqué pour le théâtre (décors et costumes), la mode, la sculpture, le design… Il a créé des bijoux pour des stylistes célèbres, comme Ann Demeulemeester. Ses pièces donnent à voir tout un univers plein de fantaisie débridée, d’émotion et de profondeur aussi, par l’histoire qu’elles racontent ou le message qu’elles véhiculent.

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Daniel Von Weinberger, collier, Cornette de Saint-Cyr

A propos de l'auteur

Laure Eggericx

Chroniqueuse et journaliste"Historienne de l’art et plasticienne, j’alterne depuis des années la plume et le pinceau pour assouvir et communiquer ma passion de l’art, du patrimoine et de l’architecture. Journaliste pour différents quotidiens (Le Soir, La Libre ...) et magazines (Villas, Les Nouvelles du Patrimoine...), j’ai collaboré à de nombreux ouvrages et expositions concernant aussi bien artistes et artisans qu’architectes contemporains, sites historiques ou balades touristiques. Le marché de l’art est la plus récente corde à mon violon."Laure Eggericx est licenciée en histoire de l’art et archéologie (ULB), graduée en architecture d’intérieur (Saint-Luc-Essai) et diplômée en recherches graphiques et picturales (Académie JJ Gaillard).

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