William Wegman, Benchmark 2015, épreuve pigmentée, édition 1/1, signée, titrée, datée et numérotée au dos, 50,8 x 67,5 cm, estimation 2.800-3.500 euros, mise en vente chez Piasa à Paris le 16 septembre 2015 – www.piasa.fr

Le 16 septembre prochain, Piasa proposera une vacation très singulière dans la veine de celles que Frédéric Chambre et son équipe organisent en parallèle avec leurs ventes plus classiques. Pour la rentrée de septembre, la salle parisienne révèlera les clichés d’un projet unique né d’une rencontre tout aussi inoubliable, celle de William Wegman et George Nakashima. En prélude, dès 18 heures, Piasa mettra à l’encan 63 lots issus de l’univers de George Nakashima (1905-1990), architecte et créateur de mobilier américain d’origine japonaise. Ces pièces, essentielles, hors du temps et des modes, ont été conçues sur mesure et artisanalement, dans un esprit similaire à celui des Shakers en Amérique ou du mouvement Mingei au Japon. Quarante-trois d’entre elles sont de la main de George Nakashima. Les 20 dernières sont des créations plus récentes de son studio, à la tête duquel se trouve sa fille Mira.

Dès 18h30, c’est à un rendez-vous à la croisée de la photo et du design que nous convie Piasa puisqu’il s’agit de ces mêmes meubles – tables, chaises, fauteuils, commodes et autres bancs – photographiés par William Wegman (°1943) avec son inséparable braque de Weimar. Vingt-deux images de son chien apprivoisant les meubles de ce créateur hors pair, pionnier de l’American Craft Movement, pourront être acquises pour des montants oscillant entre 2.800 et 15.000 euros. On y voit le chien debout sur une chaise, en dessous, à l’assaut d’un meuble, assis confortablement, attendant un de ses congénères… Puis en équilibre instable, assoupi, affalé, détendu ou pensif. Docile puis complice, le chien écoute, se fait rebelle, charmeur ou attachant. Comme à son habitude, William Wegman joue des postures et des expressions anthropomorphes de son chien. Tout cela est plein d’humour, d’apparente légèreté. On est en plein décalage, c’est poétique et rigolo. Esthétique aussi, mais pas seulement. Ces clichés interrogent sans jamais imposer. Les photos sont épurées, parfois un peu mystérieuses. Elles laissent à chacun la liberté de voir, d’imaginer, d’interpréter.

De ce projet, le photographe américain retient l’osmose, la révélation : « Ce qui me frappe en travaillant avec mes chiens et les meubles de Nakashima c’est à quel point ils sont similaires. Les chiens et les meubles se marient et par moments deviennent une et même chose. J’ai vu une connexion encore plus profonde lorsque j’ai rendu visite à Mira Nakashima dans son studio à New Hope, en Pennsylvanie : un cadre magnifique et naturel entouré et immergé dans l’âme des arbres. Mira dit que son père croyait donner une seconde vie aux arbres en les utilisant pour créer ses œuvres. D’une certaine manière, mes chiens donnent à ces arbres une troisième vie. » A côté de ces images produites pour ce projet, 15 Polaroids anciens mettant en scène ses chiens et du mobilier, issus de sa collection personnelle, seront également proposés à la vente. Une vente qui pose avec ironie la question d’une fameuse vie de chien !

PIASA-copyright William Wegman 2015 - One on (768x1024)

William Wegman, One on, 2015, épreuve pigmentée, édition 1/1, www.piasa.fr

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