Verhaeren est né à Saint-Amand en 1855, à deux pas d’une boucle de l’Escaut, dans une famille de commerçants. Il ne reprendra pas l’entreprise de ses parents mais publiera des poèmes et des critiques d’art. Le musée provincial Emile Verhaeren, construit à côté de sa maison natale, présente une exposition inédite, Fleurs fatales/Poétique de l’amour. Elle est structurée autour des trois recueils dédicacés à sa femme Marthe Massin : Les Heures claires, Les Heures d’après-midi et Les Heures du soir. Les Fleurs fatales, qui donnent son titre à l’exposition sont des clichés de vases qui explosent, du photographe Jan Agten, ajoutant une note contemporaine à l’ensemble.

Marthe Massin est présente avec une série de dessins et tableaux montrés pour la première fois. Peintre de talent, elle a préféré s’effacer derrière la carrière littéraire de son mari – qui n’attendait pas autre chose. Elle fit des esquisses du poète (devant son bureau, lisant, etc.), malheureusement pas de l’homme dans la vie quotidienne. Elle dessine aussi l’intérieur de la maison de Saint-Cloud, que l’on retrouve dans des toiles d’autres peintres, notamment chez Van Rysselberghe.

Ses tableaux sont toujours restés dans la famille. Ses natures mortes, sans être novatrices, auraient pu atteindre un certain public par leur côté luministe. Cela ne fait aucun doute. Mais qu’auraient-elles représenté à côté de la gloire internationale du poète ? Il était traduit en allemand, en anglais… et même en japonais. Il fut candidat au prix Nobel (c’est le Gantois Maeterlinck qui l’emporta). Il soutint la monarchie après l’invasion allemande en 1914. Au sein de ce couple, Marthe Massin apparaît comme la coordinatrice derrière le grand homme et elle le restera après le décès accidentel de son mari en 1916. Il est heureux que cette exposition, dans ce musée original, mette en avant le talent artistique et son rôle dans la communication autour l’œuvre de son mari qu’elle a profondément inspirée.

Verhaeren n’est pas le poète le plus lu actuellement. Son style direct pour décrire sensations et sentiments a pourtant de quoi plaire ou intriguer. Une traduction en néerlandais des trois recueils de Verhaeren (Tuin van de liefde. Getijdenboek, 111 p.) par le poète flamand Stefaan van den Bremt permet de juxtaposer les deux langues et de découvrir deux choses : Verhaeren connaissait le flamand local de l’époque et les deux langues offrent deux façons de raisonner. Par ailleurs, le Musée des Avelines, à Saint-Cloud, présentera du 15 octobre au 6 mars 2016 Emile Verhaeren (1855-1916) Poète et Passeur d’Art. Vous y verrez Verhaeren entouré des grand noms de l’époque. (www.musee-saintcloud.fr)

Fleurs fatales/Poétique de l’amour
Provinciaal Museum Emile Verhaeren
71 Emile Verhaerenstraat
2890 Sint-Amands
Jusqu’au 29 novembre
Du mardi au dimanche de 11h à 18h
www.emileverhaeren.be

Marthe-Verhaeren

Marthe Massin, Emile Verhaeren lisant, dessin

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Marthe Massin, Nature morte, photo L. Cosyns

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Portrait du couple Verhaeren, photo Dornac

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Portrait du couple Verhaeren

 

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