BRUNEAF, BAAF, AAB, c’est la combinaison gagnante pour tous les passionnés d’archéologie et d’arts non européens. Mais c’est aussi un rendez-vous annuel ouvert à tous les amoureux de belles choses qui réunit en un même espace-temps la Brussels Non European Fair, la Brussels Ancient Art Fair et l’Asian Art in Brussels. Un rassemblement au cours duquel tous les arts premiers – africain, océanien, indonésien et précolombien – mais également les antiquités – qu’elles soient grecques, romaines, étrusques, égyptiennes ou proche-orientales – sont mis à l’honneur dans le périmètre très restreint du Sablon, traditionnellement affecté aux galeries.

C’est précisément dans le quartier du Sablon qu’a germé la première idée de foire. C’était en 1990, lorsque  Pierre Loos créa la BRUNEAF. La manifestation va bon train lorsque Jacques Billen, spécialiste de l’art égyptien, s’en détache pour fonder une autre foire dédiée à l’archéologie. La BAAF naît en 2003 et en est donc à sa 13e mouture. Dernière en date parmi les naissances, l’AAB qui voit le jour en 2013 pour combler les amateurs d’art de la Chine, du Japon, de l’Inde, de l’Himalaya, d’Asie du Sud et du Sud-Est. C’est donc à un grand tour du monde extra-européen que nous convient les organisateurs de cet événement important du marché de l’art. Mais si le salon permet d’acheter, il offre aussi l’occasion aux dilettantes et aux curieux de découvrir et d’apprendre. A côté des expositions dans les galeries ayant pignon sur rue à proximité (avec un total de plus de 50 marchands, belges mais aussi américains ou français), bien d’autres rendez-vous figurent au programme de cette édition.

BRUNEAF

Pour fêter ses 25 ans, la BRUNEAF a programmé une série de conférences (L’art Tshokwe par Julien Volper et L’art africain d’hier à aujourd’hui par Marc Leo Felix et Roger Pierre Turine) ainsi qu’une exposition Uzuri wa Dunia (Beautés du Monde). Présentée dans l’Ancienne Nonciature, elle permettra de découvrir des chefs-d’œuvre d’art africain, océanien et précolombien issus de collections privées belges. La manifestation accueille aussi un prestigieux invité d’honneur : la Fondation Sindika Dokolo d’Angola. La collection africaine d’art contemporain a été fondée en 2004 par l’homme d’affaires congolais Sindika Dokolo et par l’artiste Fernando Alvim. Elle est installée à Luanda en Angola et est constituée en partie par la collection Hans Bogatzke que Dokola acquit en 2005. Considérée comme une collection africaine d’art, elle est complétée par un ensemble important d’art classique.

La Fondation du même nom a défini une politique visant au développement de l’art contemporain africain sur ses terres. Son objectif est d’inverser la tendance qui consiste à exposer l’art africain à étranger, sans jamais l’exposer sur son propre continent. Ses promoteurs réagissent à la fuite de l’art africain vers l’Occident : « Après la disparition de grands chefs-d’œuvre africains, à cause de la colonisation, la collection prétend éviter que cela se reproduise avec les productions contemporaines et garantir leur présence sur le sol africain. Parmi les artistes africains les plus importants qui ont participé à des expositions dans le monde entier, nombreux sont ceux qui sont pratiquement inconnus en Afrique. En montrant ces œuvres aux Africains, la Fondation cherche à stimuler la connaissance directe de l’art contemporain dans les différents pays de ce continent ».

Pour ce faire, la Fondation a soutenu la création d’un centre d’art contemporain à Luanda qui a déjà fait parler de lui à l’étranger, à la 52e Biennale de Venise notamment, avec la présence du premier pavillon d’art africain. Riche de plus de 500 œuvres de 140 artistes de 28 pays africains, la Fondation doit à présent se doter d’un édifice spécifique, susceptible d’accueillir au mieux ce bouillonnement culturel africain tout en tissant des réseaux et des partenariats internationaux.

BAAF

Du côté de la BAAF, tous les regards seront cette fois focalisés sur l’expertise, avec un comité d’examen des objets pluridisciplinaire puisqu’il est composé d’archéologues, de scientifiques et de conservateurs de musées. Comme à l’accoutumée, le collectionneur y est gâté. Véritables architectes de leur collection, les galeristes sont à leur disposition pour les écouter, les conseiller et les accompagner dans leur quête pour la pièce rare, inédite, sublime, décorative… c’est selon.

AAB

Troisième année pour cette foire centrée sur l’Asie avec la même constance – une vingtaine de marchands internationaux, d’Astamangala à Michael Woerner en passant par Gisèle Croës ou George Lamy – auxquels s’ajoutent trois nouveaux-venus ciblés art japonais moderne et contemporain. Cette belle brochette est complétée par un cycle de conférences pour le programme culturel ArtConnoisseurs au Musée du Cinquantenaire (www.artconnoisseurs.eu). Et, last but not least, une exposition que l’on promet palpitante. Intitulée Fight Pray Love, elle permettra de découvrir dans les murs de l’hôtel Frison (une œuvre de jeunesse de Horta), des armes et des armures mogholes et sikhes provenant d’une importante collection privée européenne.

Si l’on connait l’importance accordée par ces peuples à ces objets – qu’ils magnifiaient, sublimaient pour leur donner un statut au sein de la structure sociale mais aussi religieuse et politique – on ne pourra qu’admirer ces pièces souvent fort belles et richement décorées. L’exposition montrera la fonction des armes dans les actes liés au travail et les rites, leur rôle sacré dans la vie quotidienne et les cérémonies religieuses, ainsi que leurs techniques, les dessins et symboles décoratifs intervenus dans leur fabrication, et enfin la place plus large qu’elles ont été amenées à occuper en tant que phénomène à la fois matériel et métaphysique. Un regard bien différent du nôtre, qui sera détaillé dans le catalogue et lors de la conférence du spécialiste britannique Robert Elgood Armes et guerriers du nord de l’Inde. Pour vivre tout cela en live, rendez-vous au Sablon et alentours.

Foires : galeries sur et autour de la Place du Sablon
Exposition found@bruneaf : Ancienne Nonciature, Sablon, Bruxelles
Exposition Fight Pray Love : Hôtel Frison, rue Lebeau 37, Bruxelles

Conférences :
ArtConnoisseurs : Musées Royaux d’Art et d’Histoire
Armes et guerriers du nord de l’Inde : Hôtel Frison, rue Lebeau 37, Bruxelles

Du 10 au 14 juin

www.3fairs.be
www.bruneaf.com
www.baaf.be
www.asianartinbrussels.com

CLASSIC-PRIMITIVES

Masque Kota du Gabon collecté vers 1930, Bernard de Keyzer, Classic Primitives Gallery/ Renaud Riley

Gilt-copper sculpture-of -seated- crowned- Buddha- Tibet14th century

Bouddha couronné assis, Tibet, XIVe siècle, cuivre doré, Galerie Jacques How Choong

 

 

 

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