Très souvent, les artistes que Fred Lanzenberg expose font un travail en rapport proche et intime avec la nature. Peut-être parce que, des larges fenêtres de la galerie, on peut à toute saison admirer les arbres le long des étangs d’Ixelles.

Soit ils la peignent, comme Malgorzata Paszko et ses paysages, Stéphane Erouane Dumas avec ses arbres et ses roches, Pascal Courcelles avec des paysages presque abstraits, mangés par la couleur, ou encore Michaël de Kok – horizons sans personnages – et Julien Spianti – personnages avalés par des arbres et sous-bois…

Anne Delfieu aime elle aussi se pencher sur les beautés de la nature, les formes et matières qu’elle offre à notre regard. Utilisant du carton ondulé, elle va jouer à l’alchimiste en rendant presque vivant un matériau issu du bois, lui redonnant l’aspect du bois. Cette matière inerte, légère, accessible, elle s’en empare, la découpe en lanières qu’elle encolle, assemble, peint et repeint. Ce carton sans valeur redevient entre ses doigts l’arbre qu’il fut un jour. Collé sur des joncs, il prend la forme d’une ramure, d’un réseau, d’une branche et parfois… d’une pierre. C’est cette alchimie de la matière qui fait tout le charme des œuvres de l’artiste née à Paris en 1947, que Lanzenberg expose depuis longtemps.

Ici un réseau de fines branches, dont la forme générale évoque un cœur, nommé joliment MCMAN – Mon Cœur Mis à Nu –, fragile et délicat, léger, peint de blanc et brun. D’autres cœurs sont rougeâtres ou blancs, comme des plans de ville ou un réseau de veines. Au fond de la seconde salle, une forme pleine et dense, comme un immense galet. Celui-ci est composé de centaines de lanières de carton ondulé et est entouré d’une boucle ondulante, de carton, elle aussi. Le Grand Sommeil serait un visage ou une pierre mortuaire. A vous de décider.

A l’étage, quelques grandes branches mouvantes s’élancent sur le mur vers la fenêtre et vers un galet, intense. D’autres pierres plates sont posées sur le sol. Un champ d’herbes courbées par le vent est évoqué par des lanières de carton souples et arrondies. Quelques brindilles installées côte à côte se nomment Ecritures. Ici, le bois qui n’en est pas devient signes par les formes qu’il prend. De l’impermanence du matériau à la permanence des évocations, une bien belle balade.

Anne Delfieu
Ecorces et réseaux
Galerie Fred Lanzenberg
9 avenue des Klauwaerts
1050 Bruxelles
Jusqu’au 20 juin
Du mardi au vendredi de 14h à 19h, samedi de 10h à 19h
http://galeriefredlanzenberg.be/

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Anne Delfieu, Le Grand Sommeil

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Anne Delfieu, Ecriture

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Anne Delfieu

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Anne Delfieu

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Anne Delfieu, Assemblage

 

 

 

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