Plaque ornementale de Torah en argent, Breslau, 1777, Johann Ernst Braungart, lot 10, estimation 50-60.000 euros, vente Judaïca chez PBA à Paris à l’Atelier Richelieu, le 23 juin 2015, www.pba-auctions.com

Des reliures en argent, des plaques de Torah, de nombreuses tours et boîtes à épices (y compris certains modèles de voyage), des plats de séder, des lampes de Hanoukka, des étuis de rouleaux d’Esther, quelques amulettes, des mains de lecture, plusieurs paires de Rimonim, des coupes d’Eliahou ou de circoncision, des gobelets de Havdalah, de Kiddouch, de Shabbat ou de Pessah, quelques parchemins, des livres enluminés, une ceinture de mariée en argent filigrane et niellé, une bague de mariage en argent émaillé, une boîte à Etrog et même un lot de broderies ! C’est tout un monde – celui de la judaïté – qui entre en scène chez PBA avec l’ouverture d’un nouveau département, Judaïca.

Sa première vente porte sur « l’une des plus prestigieuses collections jamais présentées en vente publique » : celle d’Isucher Ber Frydman. L’homme, un Juif de Pologne survivant du ghetto de Varsovie, arrive à Paris en 1947. Ingénieur chimiste de formation, il se lance dans la fabrication d’objets en plastique. Son atelier devient rapidement une usine de jouets et le fabricant de joujoux colorés devient à partir des années 1950 un collectionneur éclectique. Ses origines l’ont tout naturellement porté vers le judaïsme et tous les objets témoignant de l’histoire et de la culture juives. Sa passion l’a poussé à voyager énormément et à traquer la pièce illustrant la présence de communautés juives dans toute l’Europe et en Afrique du Nord. Comme l’explique l’expert Michael Scheinowitz, « chaque pièce nous ouvre une fenêtre qui nous permet de voir des scènes de la vie imaginée des Juifs de leur époque ».

La richesse et la diversité de la collection rendent compte de la globalité de l’art appliqué juif, avec une prééminence d’objets des XVIIe et XVIIIe siècles et plus particulièrement de l’Italie renaissante. Quant aux matières, elles sont pour la plupart nobles. Il y a beaucoup d’argent, de l’or, du vermeil, du cuivre, du bronze, de l’étain… Et ce qui frappe avant tout, c’est la beauté de ces objets réalisés par de remarquables artisans. Le talent des orfèvres est particulièrement saisissant avec quantité de pièces richement décorées d’animaux, de végétaux ou de formes géométriques. Tantôt niellés, filigranés, émaillés ou incrustés de pierres précieuses, tantôt gravés de motifs ou d’inscriptions hébraïques, ces objets se comptent par dizaines et leur estimation oscille de 1.000 à plusieurs milliers d’euros.

Une des pièces maîtresses parmi les 150 lots que compte la vacation est cette importante plaque de Torah en argent du XVIIIe siècle due au maître orfèvre J.E. Braungart. Elle provient de Breslau, important centre économique à l’époque où étaient établis de nombreux commerçants juifs. Les plus fortunés d’entre eux commandaient d’importants objets cérémoniels en argent aux orfèvres hautement réputés pour leur savoir-faire. Cette plaque de Torah est de cet acabit, tant au niveau du raffinement du décor (une couronne avec Moïse et Aaron), de l’inscription hébraïque que de la réputation de l’orfèvre, l’un des plus connus et des plus doués de l’endroit. Son estimation est d’ailleurs à la hauteur, puisqu’elle est attendue autour des 50-60.000 euros.

 

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