Artiste étonnant, magnifique, tant par la diversité de ses médias mêlant peinture, sculpture, installation, vidéo, écriture, scénographie et composition musicale, que par sa touche si reconnaissable, Hans Op de Beeck propose une nouvelle entrée dans son univers. Celle-ci se fait à travers le Château de Chimay, endroit nimbé de mystère par son histoire et les fantômes qui y séjournent, décor de rêve pour une œuvre onirique.

L’artiste avait exposé en Botanique en 2014 ses aquarelles en noir et blanc montrant des clichés urbains (une grande roue par exemple) dans un environnement insolite. Aquarelles éminemment poétiques qui touchent à l’intime, percée subtile dans l’enclos des sentiments. D’une même aura mélancolique, les mises en scène en 3D qu’il présente sont une invitation à voyager en trois dimensions dans les états d’âmes, porte ouverte vers une profondeur qui dépasse le premier regard. Plongée dans le couloir du temps qui passe, ses figurants nous assistent dans un retour métaphysique, sorte de vanités contemporaines qui nous rappellent l’inanité de notre existence mortelle.

Il propose une réflexion sur la complexité de nos univers quotidiens, dans des sculptures aux formes travaillées dans le plâtre, toujours sans couleurs, afin de ne pas être détournés de la réflexion propre. Les pièces du château se transforment en une vaste scène pour ces figures silencieuses à taille humaine. D’apparence informelle, ils sont à demi-vêtus, placés debout sur des socles, dans un esprit qui n’est pas sans rappeler les conventions académiques de la représentation du nu en sculpture. Miroirs de nos habitudes, ces personnages au visage neutre sont un peu chacun de nous.

On peut aussi contempler l’œuvre Lounge (2014) qui était exposée pour la première fois dans son exposition Quiet scenery and wandering extras, à la Sammlung Goetz à Munich l’année passée. Impressionnante vision mettant en scène un fauteuil chesterfield trônant parmi un fouillis d’objets hétéroclites, un chien et aussi le crâne, vanité ultime de l’être humain qui amasse.

Dans la Maison des Artistes du château, le spectateur visionne le film Staging Silence (2) (2013) qui se base sur des paramètres abstraits et archétypaux puisés dans la mémoire de l’artiste. Ce sont des mélanges disproportionnés d’informations concrètes et de fantaisies. On y voit des bras apparaitre et disparaitre comme par l’effet du hasard, manipulant des objets du quotidien, et des maquettes sous une lumière artificielle créant des lieux aliénants mais presque reconnaissables.

Une fois de plus, Hans Op de Beeck propose un repli sur soi, non pas dans une vue autistique mais plutôt dans un recueillement si salvateur à une époque de vitesse effrénée. On comprend toute la place que prend l’artiste dans le fil des expositions d’art contemporain au Château de Chimay toujours en lien avec la notion de temps.

Hans Op de Beeck
Décors et figurants

Château de Chimay
14 rue du Château
6460 Chimay
www.chateaudechimay.be

Staging Silence, Hans Op de Beeck

Staging Silence © Studio Hans Op de Beeck

Hans Op de Beeck, Lounge

Lounge © Hans Op de Beeck

Hans Op de Beeck, Character2

Character 2 © Studio Hans Op de Beeck

Hans Op de Beeck, beeld2

beeld 2 © Studio Hans Op de Beeck

Château de Chimay

Château © Château de Chimay

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