C’est un monde intrigant qu’Alexandra Leyre Mein déploie dans la galerie de Hangar H18. Corps segmentés, écorchés, bustes sans visage, textures iridescentes ou faisant comme des viscères, plâtre blanc et mat, métal brillant, bronze poli… C’est une forêt intime, noire, peuplée de silhouettes à la fois monstrueuses et profondément touchantes.

Ici se donnent à voir les secrets les plus profonds et les plus précis d’une jeune femme qui cherche à prendre soin du monde et des émotions terribles, cruelles ou douces qu’elle éprouve à son contact. Ce ressenti, elle le traduit avec force dans des sculptures qui sont à la fois d’aujourd’hui et qui pourtant semblent venir d’un autre âge. Des sculptures, dont certaines présentées en allée, à la manière classique, forment un tout inspiré par la mythologie, mais aussi, sûrement, par des peurs et des souvenirs d’enfance. Là de grandes formes comme des coquillages, dont une fente renferme une matière iridescente, sont posées sur un miroir. Narcisse n’est pas loin. Ici, des silhouettes ébauchées par le mouvement d’une pièce de tissu figée par le bronze.

Cette jeune artiste belge née en 1979, formée comme styliste à l’Académie royale d’Anvers, est passée de l’autre côté du miroir en 2008. Elle ne crée plus des vêtements, mais de l’art. Pourtant, on sent encore sa passion pour le textile dans la manière dont elle fait naître des silhouettes en plâtre synthétique ou en bronze. Des fibres trempées dans une matière liquide sont fixées petit à petit sur une base. Ainsi ces bustes en blanc ou en noir, sans visage, faits de faisceaux de matière comme des ligaments. Voyez cette silhouette assise sur un tabouret, Concrete Mirrors, ébauchée de cette texture qui ressemble à des viscères. Ici, à nouveau aucun visage. Ou encore Les descendantes de Nyx, métal et enchevêtrement de fibres noires, comme des cheveux. Ca se tord, se contorsionne, se plie, se replie, s’ouvre et se ferme. C’est brut, violent et pourtant précis et sophistiqué. Ses dessins sur un mur développent, eux aussi, cet aspect extrêmement sophistiqué et féminin – dans le sens d’une sorcière blanche qui sait des secrets que nous ne connaissons pas.

Après plusieurs résidences d’artiste, Alexandra Leyre Mein vit et travaille aujourd’hui à New York. Depuis ses débuts en 2008, l’artiste a exposé plusieurs fois en Europe, aux Etats-Unis, en Asie, à Paris et, à Bruxelles, à Maison Particulière et au Botanique. Il s’agit ici de sa première exposition présentant un ensemble aussi important de sculptures, peintures et dessins.

Concrete Mirrors
Alexandra Leyre Mein
Hangar H18
18 place du Châtelain
1050 Ixelles
Jusqu’au 30 mai

Du mardi au samedi de 12h à 18h
www.h18.be

Vue de l'exposition Alexandra Leyre Mein, Photos Hugard & Vanoverschelde

Vue de l’exposition Alexandra Leyre Mein, Photos Hugard & Vanoverschelde

Vue de l'exposition Alexandra Leyre Mein, Photos Hugard & Vanoverschelde

Vue de l’exposition Alexandra Leyre Mein, Photos Hugard & Vanoverschelde

alexandra-leyre-mein-Photo-hugard-vanoverscheld3

Vue de l’exposition Alexandra Leyre Mein, Photos Hugard & Vanoverschelde

alexandra-leyre-mein

Lapidified 0,95 e V, 2015, Alexandra Leyre Mein

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.