Bruxelles. Rue aux laines. A l’ombre du colossal palais de justice, on a peine à croire qu’un événement d’une telle envergure se joue dans cet immeuble quasi quelconque. Pourtant, si le bâtiment est certes moins bling-bling que son illustre vis-à-vis, on sent que l’organisation s’est donnée du mal pour compenser la relative faiblesse des lieux. Pour sa troisième édition, le Nationa(a)l squatte l’ensemble sur quatre étages, avec un bar sur les toits qui devrait permettre d’admirer la volatilité de la météo bruxelloise de mi-mai.

Le principe du Nationa(a)l reste le même que lors des éditions précédentes : belge, multidisciplinaire, résolument jeune. Des parrains qui sélectionnent des révélations, du talent, de l’audace… Mélangez-le comme vous voulez, ce patchwork artistique particulièrement léché s’impose comme un des événements immanquables du mois de mai bruxellois. Pour reprendre l’expression minimaliste d’une rédactrice en chef en exil temporaire à Venise : « Mu aime ! »

Cette année, c’est Pieter Vermeersch qui s’est chargé de la sélection pour les arts visuels. Natif de Courtrai, le plasticien explore l’abstraction et la représentation dans ses œuvres. Cela se ressent clairement dans sa short list de talents : cinq jeunes artistes ont chacun reçu leur espace personnel au rez-de-chaussée. Le résultat vaut le coup d’œil, attentif ou non en fonction des sensibilités de chacun. Assez classe pour être souligné : l’entrée de 6 euros donne droit à une réduction à partir de 20 euros d’achat dans le pop-up store du troisième.

Pas de casserole en inox ou autre babiole à l’horizon. On vous parle d’un vrai pop-up store : du chapeau à la table d’appoint, en passant par des créateurs de véritables griffes comme Kool Sugar Mamy. Une petite pièce cosy permet de se poser quelques instants, tout en écoutant le programme musical du jour. Pierre angulaire de l’événement, ce magasin de passage est assurément le point fort du projet. Un quartier général, l’occasion de faire d’agréables découvertes, comme l’incomparable White Cube de Brecht Vandenbroucke , ou encore Cuistax, un fanzine bruxellois à destination des enfants, particulièrement réussi visuellement.

Si la visibilité des artistes belges dans leur mère patrie reste toujours problématique, la production artistique à la belge dispose là d’un diamant brut pour sa propagande, qu’elle soit culturelle ou commerciale… Certes, tout n’est pas encore parfait, mais la forme est déjà bien visible et nul doute que la gemme Nationa(a)le ne manquera pas d’être polie dans le futur. Ne tirez pas de plans sur la comète cette semaine : vous avez jusque samedi pour voir ce grouillant work in progress.

Nation(a)l
68 rue aux Laines
1000 Bruxelles
Jusqu’au 17 mai 2015
De 11h30 à 19h
www.nationalstore.be

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Juan Pablo Plazas – www.nationalstore.be

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Claire Andrzejczak – www.nationalstore.be

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Pauline Folings – www.nationalstore.be

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Benjamin Installe – www.nationalstore.be

 

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