Liège Expo 14-18 a fêté d’une façon bien originale l’accueil de son 200 000e visiteur. Pas de traditionnelle remise de bouquet et de catalogue. Les heureux élus, une famille allemande des environs d’Aix-la-Chapelle, ont eu le privilège de découvrir une nouvelle salle d’exposition et ont reçu une œuvre originale de l’artiste.

Maxime Bourrée était un soldat français originaire de Normandie, qui fut blessé et capturé en 1914 à Tamines près de Charleroi. Il survécut à une blessure par balle dans un camp de prisonniers à Parchim, près de Rostock et la Mer baltique. Ses deux frères furent tués, l’un dans l’Est de la France, l’autre dans les Dardanelles.

Maxime se mit à dessiner dans ce camp de 15 000 prisonniers venus de partout, des Indes à l’Ecosse. Il n’avait jamais suivi de cours. Ses parents l’avaient destiné à l’église ou l’armée. Mais il apprit rapidement et son regard sur la vie du camp a toujours été empreint d’humour. On connait d’autres dessins faits dans ces camps où l’on ne trouve jamais de quoi sourire.

C’est le dessinateur de presse Pierre Kroll qui a incité la petite-fille de l’artiste à exposer pour la toute première fois la centaine de dessins qui ont été conservés dans la famille. Cet apport de Bourrée est heureux. Vous le constatez à la fin de l’exposition, après des reconstitutions de tranchées – une expérience plus auditive que visuelle – et une présentation émouvante de maisons détruites. Un autre point fort de cette exposition est le choix d’œuvres graphiques de grands artistes allemands et français concernant la guerre. Bourrée complète et corrige ce regard par son expérience personnelle et le sourire qui illumine ses pages issues d’une époque bien sombre.

 Maxime Bourrée
J’étais prisonnier de guerre
Gare de Liège-Guillemins
www.liegeexpo14-18.be

Maxime Bourrée, dessin

Maxime Bourrée, dessin

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.