Vincent Van Gogh (1853-1890), L’Allée des Alyscamps, 1888, huile sur toile, mise en vente chez Sotheby’s à New York ce 5 mai 2015, lot 18, www.sothebys.com

Lot phare de la vente Impressionnisme et Art Moderne de Sotheby’s du 5 mai prochain, ce magnifique paysage devrait s’envoler pour plus de 40 millions de dollars ! Un montant exorbitant pour le commun des mortels mais qui est sérieusement attendu par les spécialistes de la maison de ventes qui a procédé l’an dernier à la vente de deux Van Gogh de cette époque. A Londres, en février 2014, L’homme est en mer (1889) a fait 27,5 millions de dollars tandis que le Vase aux marguerites et coquelicots (1890) a atteint…  61,8 millions de dollars à New York en novembre 2014, soit le record mondial de l’artiste pour une nature morte.

Au-delà de cette course aux enchères plus qu’attendue – un tableau de cette trempe, excessivement rare en vente publique pour un artiste parmi les plus importants et les mieux cotés ! – cette toile concentre des qualités uniques. Son sujet tout d’abord. L’Allée des Alyscamps illustre la période arlésienne de l’artiste qui se frotte à la lumière provençale, usant d’une palette luxuriante où les tons ardents des oranges, des jaunes et des rouges contrastent avec la froideur du bleu du ciel. Importante nécropole romaine située hors les murs à Arles, les Alyscamps constituent la thématique de plusieurs œuvres de Van Gogh mais également de Gauguin. Les deux artistes travaillèrent en effet côte à côte durant cet automne 1888, avant de se disputer violemment et de se séparer. Gauguin quittera la France pour le Pacifique sud et Van Gogh s’en prendra à lui-même comme il le montrera dans ses autoportraits à l’oreille bandée (1889).

L’Allée des Alyscamps précède cette crise. Elle date de la période d’exaltation créatrice et stimulante où les deux comparses travaillent ensemble sur ce lieu historique, devenu une promenade à la mode prisée par les amoureux et les élégantes, comme on peut l’apprécier sur le tableau. Baptisée Allée des tombeaux, elle est bordée d’une double rangée d’arbres et longée de sarcophages comme on  le voit sur la toile. Le beau monde s’y montre, insouciant dans cette fougue de couleurs. La perspective est saisissante, le geste est vigoureux et la matière riche. Cette période de sa carrière est faste, elle a vu naître plusieurs œuvres parmi les plus célèbres de l’artiste. L’Arlésienne, Les Tournesols, la Terrasse du café le soir et de nombreux autoportraits datent de 1888 et sont visibles dans les plus grands musées du monde. On ose espérer pareille destinée pour les Alyscamps.

Vincent Van Gogh, L'Allée des Alyscamps, 1888, huile sur toile, Sotheby's

Vincent Van Gogh, L’Allée des Alyscamps, 1888, huile sur toile, Sotheby’s

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