Maurice Leloir, Portrait de Gaston Tissandier aéronaute, 1887, aquarelle et gouache, lot 239, vendu 12.880 euros le 1er avril 2015 chez PBA à Paris – www.pba-auctions.com

Le 1er avril dernier, la maison Pierre Bergé & associés a dispersé une partie de la collection des frères Gaston (1843-1899) et Albert (1839-1906) Tissandier, fous de navigation aérienne. Grands savants du XIXe siècle, ils ont œuvré leur vie durant au développement du ballon comme laboratoire d’observation mais également comme moyen de locomotion. Ils ont même inventé un aérostat dirigeable électrique qu’ils ont expérimenté dans le ciel parisien dans les années 1883-84 ! C’est le cœur de leur vie passionnée et passionnante qui a été mis aux enchères à Drouot, à savoir des éléments de la collection dite d’objets au ballon. Près de 300 lots tournant autour de la conquête de l’air de ce duo d’aéronautes artistes étaient proposés par la salle parisienne, qui a enregistré quelques beaux résultats pour ce domaine très particulier.

Ainsi, ce portrait à l’aquarelle du frère cadet le montrant dans son élément – debout dans la nacelle de son ballon – s’est envolé 12.880 euros alors qu’il portait une estimation de 3-4.000 euros. En regardant bien, on voit Gaston Tissandier la main droite s’ouvrant et laissant échapper du sable « comme une poussière impalpable, le lest qui dégage la nacelle et allège l’aérostat ». L’œuvre a été exposée au Salon des aquarellistes français en 1887 et reproduite dans l’ouvrage de Henry de La Vaux et en frontispice du livre de Tissandier, Histoire des ballons et des aéronautes. Elle faisait également la couverture du catalogue de la vente PBA.

D’autres événements, moins glorieux, ont été relatés par les artistes de l’époque comme cette magnifique miniature à l’encre et à l’aquarelle représentant l’accident du ballon de Nadar Le Géant, le 18 octobre 1863, près de Hanovre : on y voit un ballon à très basse altitude, à demi dégonflé entraînant la nacelle, avec ses nombreux passagers à bord affolés, brisant les arbres et semant la terreur parmi les habitants et les animaux qui s’enfuient, sur fond de paysage paisible… Ce lot n’a pas vraiment décollé (1.030 euros pour une estimation de 700-750 euros) à l’inverse d’un ensemble de lettres du photographe précurseur du cinéma Etienne-Jules Marey à Gaston Tissandier, qui a été vendu 43.792 euros, soit le quadruple de son estimation basse. Les autres résultats peuvent être consultés sur le site.

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Maurice Leloir, portrait de Gaston Tissandier aeronaute, 1887

A propos de l'auteur

Laure Eggericx

Chroniqueuse et journaliste"Historienne de l’art et plasticienne, j’alterne depuis des années la plume et le pinceau pour assouvir et communiquer ma passion de l’art, du patrimoine et de l’architecture. Journaliste pour différents quotidiens (Le Soir, La Libre ...) et magazines (Villas, Les Nouvelles du Patrimoine...), j’ai collaboré à de nombreux ouvrages et expositions concernant aussi bien artistes et artisans qu’architectes contemporains, sites historiques ou balades touristiques. Le marché de l’art est la plus récente corde à mon violon."Laure Eggericx est licenciée en histoire de l’art et archéologie (ULB), graduée en architecture d’intérieur (Saint-Luc-Essai) et diplômée en recherches graphiques et picturales (Académie JJ Gaillard).

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