Gustave de Beaucorps, Hôtel de ville d’Audenarde, 1857, négatif sur papier ciré, numéroté, estimation 2-3.000 euros, lot 28, vente Millon du 13 mai à Paris – www.millon.com

Evénement pour la maison Millon à Paris qui annonce pour ce 13 mai une vacation Photographie avec une orientation vers la photographie moderne et contemporaine. Ainsi, à côté de la traditionnelle filière historique, l’étude française mettra à l’encan des tirages de Lartigue, Weiss, Goldin ou Newton. Ce tournant ne met pas aux oubliettes la photo historique du XIXe siècle puisque la vente commencera par quelques clichés de cette époque, parmi lesquels figurent des daguerréotypes, un portrait de Gérard de Nerval par Nadar, l’album complet sur l’Iran de Luigi Pesce ainsi qu’un ensemble d’images de Gustave de Beaucorps. Une soixantaine de négatifs sur papiers cirés sont dus à ce photographe français qui laissera des photos des nombreux pays qu’il visita, dont la Belgique de 1857 (Bruges, lot 29 ou Audenarde et son hôtel de ville, lot 28).

Photographe pionnier, Gustave de Beaucorps (1825-1906) est volontiers considéré comme primitif en ce milieu du XIXe siècle, époque où il s’initie au 8e art et multiplie les vues de Paris (1856) et de monuments français, comme le montrent les vues de châteaux, églises et autres cathédrales qui émaillent la vente. Dans son élan, il entreprend une série de voyages qui l’emmèneront jusqu’en Syrie et en Palestine. Son grand tour de la Méditerranée passe en effet par l’Italie l’Espagne, le Maroc, l’Algérie, Constantinople ou la Géorgie. Orientaliste, il s’attache à photographier les sites et les monuments de ces régions lointaines tout en se penchant également sur leurs habitants. Si ses photos d’architecture sont rigoureuses et austères, ses portraits ont le charme des premières images ethnologiques.

Il faut se mettre dans le contexte de l’époque et s’imaginer qu’en ce temps-là, de telles campagnes photographiques s’apparentaient à de véritables expéditions. Lors de ses déplacements, le photographe était accompagné de son laboratoire et d’un matériel encombrant : appareil, châssis, soufflet, objectifs, pieds, tente noire, produits chimiques ! Il ne faut pas non plus négliger les conditions climatiques qui interfèrent sur le résultat de l’image, l’exécution du négatif sur papier dépendant et réagissant à la lumière, à l’humidité et à la chaleur.

Cette vue d’un monument gothique flamand témoigne de l’air du temps et de l’époque où Viollet-le-Duc s’attachait au patrimoine et entamait ses campagnes de restauration de bâtiments historiques. C’est dans cet esprit également que de Beaucorps photographie les châteaux de Coucy ou Pierrefonds. Ses photos sont réalisées afin de livrer un témoignage historique pour des publications mais aussi en vue d’élaborer une composition artistique. Son regard allie celui de l’artiste peintre et de l’historien. À trois reprises, Gustave de Beaucorps expose ses travaux à la Société Française de Photographie à Paris, en 1859, 1861 et 1869, mais il n’en sera cependant jamais membre. Certaines de ses œuvres sont conservées au Musée d’Orsay.

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Gustave de Beaucorps, Hôtel de ville d’Audenarde, 1857, négatif sur papier ciré © Millon Courtesy

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