Si le démontage de l’œuvre d’Arne Quinze restera comme l’un des flops de Mons 2015, résumer l’art urbain présent à Mons au seul artiste flamand relève de l’inacceptable méprise. Après avoir conçu et coordonné la cérémonie d’ouverture de Mons 2015, Philippe Kauffman rajoute une corde à son arc en s’occupant des installations urbaines dans toute la ville. Pas vraiment une spécialité au départ pour le scénographe, ce qui ne l’a pas empêché de se lancer, aidé par quelques noms du street art (Bonom, Momo ou Ox) et une ville montoise brillante comme des Stan Smith neuves.

Les lieux choisis traduisent une volonté assumée de ne pas surexposer les installations. « J’avais envie que les œuvres surprennent les Montois habitués de ces points de passage. Qu’ils y passent à côté sans les remarquer tout de suite… », explique Kauffman. La surprise n’en sera que plus pétillante. Passez rue d’Enghien découvrir l’œuvre de l’Atelier Pica Pica. Après s’être promené dans Mons en recherche d’inspiration, le collectif a fabriqué son Panorama à partir d’images marquantes de leurs pérégrinations urbaines : une façade de magasin, une inscription, un passant… Ce cocktail liégeois servi sur carreaux montois vient rafraichir un passage autrefois bien plus terne, pour ne pas dire coupe-gorge.

Square Saint-Germain, juste en face de la Collégiale Sainte-Waudru, les promeneurs de passage pourront se prendre en selfie angélique. Manifestation éphémère d’ego rendue possible grâce à Spread your Wings, de Filip Gilissen. Quelques mètres plus loin, rue Samson, c’est l’artiviste Ox qui installera ses affiches, avec des slogans dont l’amertume ira crescendo au fil du temps. Les quidams en manque de lecture pourront également s’amuser à suivre La Phrase de 10 kilomètres préparée par Karelle Ménine et Ruedi Baur. Ils veilleront toutefois durant leur lecture à faire attention aux poteaux de passage et à l’irrégularité perverse de certains pavés.

Que ce soit dit : en 2015, Mons soigne sa street cred’ avec un éclectisme aussi exhaustif que rafraichissant. Dans sa sélection, Philippe Kauffman atteint son objectif : éviter le prêt-à-penser, en laissant une totale liberté d’interprétation au public. Bien sûr, difficile de ne pas voir les Paresseux d’Elodie Antoine installés en plein quartier universitaire comme une référence malicieuse. Pareil pour la Cascade bibliographique d’Alicia Martin, place Warocqué. Clin d’œil également dans la rue du 11 Novembre, où la fresque des Hell’O Monsters lorgne sur la bicoque du maître des lieux, monsieur Elio himself.

Loin d’une intellectualisation inutile, la capitale montoise invite au dialogue grâce à un fil rouge ludique, avec une volonté de renouveler les codes. « Je me suis inspiré des autres festivals pour justement ne pas reproduire ce que j’ai vu. » Mission réussie ? A vous de juger.

Combien de temps pour voir toutes ces œuvres ?

« J’ai fait une fois le circuit en 1h17 », nous assure Philippe Kauffman. Difficile de mettre en doute les paroles du conseiller artistique. On imagine pourtant qu’entre flâneries et autre frivolités, une famille lambda devra prendre deux bonnes heures pour s’assurer d’une visite complète. Pas vraiment un souci dans une ville littéralement métamorphosée. Si par chance le soleil pointe le bout de nez, les ingrédients seront là pour réussir une après-midi de vacances.

Ne tardez pas néanmoins, car « les contrats avec les propriétaires des bâtiments courent jusqu’au 21 septembre« , explique Philippe Kauffman. Ensuite, les œuvres seront remises à la vie sauvage. A partir de là, suivant la volonté politique, c’est un peu la loterie : conservation, détérioration, destruction… Du street art, quoi !

http://www.mons2015.eu/

OX, Installations urbaines Mons2015

OX, Installations urbaines Mons2015

Pica Pica, Installations urbaines Mons2015

Pica Pica, Installations urbaines Mons2015

Inject Love, Installations urbaines Mons2015

Inject Love, Installations urbaines Mons2015

Bonom, Installations urbaines Mons2015

Bonom, Installations urbaines Mons2015

Julia Wlodkowski, Installations urbaines Mons2015

Julia Wlodkowski, Installations urbaines Mons2015

Alicia Martin, Installations urbaines Mons2015

Alicia Martin, Installations urbaines Mons2015

Les Paresseux, Elodie Antoine, Installations urbaines Mons2015

Les Paresseux, Elodie Antoine, Installations urbaines Mons2015

Momo, Installations urbaines Mons2015

Momo, Installations urbaines Mons2015

Elodie Antoine, Installations urbaines Mons2015

Elodie Antoine, Installations urbaines Mons2015

Filip Gilissen, Installations urbaines Mons2015

Filip Gilissen, Installations urbaines Mons2015

Hell'O Monsters, Installations urbaines Mons2015

Hell’O Monsters, Installations urbaines Mons2015

Maarten Vanden Eynde, Installations urbaines Mons2015

Maarten Vanden Eynde, Installations urbaines Mons2015

Thierry Verbeeck, Installations urbaines Mons2015

Thierry Verbeeck, Installations urbaines Mons2015

 

2 Réponses

  1. Thérèse VAN OOTEGHEM

    Tout d’abord merçi pour votre site que j’adore…
    Vous faites découvrir au Flamands l’art aussi bien a Bruxelles que de l’autre côté de la frontière linguistique. Quel bonheur d’avoir fait la connaissance d’Elodie Antoine, et de bien d’autres.
    Arne qui ? très très controversé, je ne l’appele même pas un artiste !!! Vous connaissez certainement ses horribles « boites à conserves » (de blekken dozen comme l’appellent les habitants) d’un rouge vif sur la digue d’Ostende.
    Puis-je vous signaler une galerie très interessante a Veurne « Emergent » d’une conception hors du commun, Frank Maes en est l’âme. Peut-être une idée pour
    faire un saut dans cette Flandre profonde et dans cette très belle petite ville.
    Emergent se trouve sur la grand place dans une maison historique « De Valk ».
    Un grand bonjour de la mer du Nord (Sint Idesbald) et encore merçi.

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