Ben, Au secours, je me noie dans les produits culturels, 1985, bois peint, peinture et livres, estimation 7-8.000 euros, lot 187 mis en vente chez Cornette de Saint-Cyr à Bruxelles ce 26 avril 2015 – www.cornettedesaintcyr.be

Ce 26 avril, 283 lots de design et d’art contemporain seront mis à l’encan à Bruxelles par Cornette de Saint-Cyr. On y découvrira une peinture d’Antoni Tapiès, une œuvre de près de 4 mètres de long de Jacques Mahé de la Villeglé, un petit bronze de Flanagan, un exceptionnel triptyque de Mario Merz, une composition abstraite de 1956 de Poliakoff ainsi qu’une rare table bureau d’Oscar Niemeyer, un fauteuil en acier de Ron Arad ou un film de Julian Opie. Une vingtaine d’œuvres historiques signées Ben figurent également au palmarès de cette vente qui fait état de quelques grands mouvements artistiques du XXe siècle.

L’univers particulier de Ben (°1935) est bien représenté avec ses célèbres peintures écritures, son Musée de Ben, des portfolios, des sérigraphies, des livres d’artiste numérotés et signés (Sept ans de bonheur, 1991), des jeux (La Jungle de l’art), des lettres originales, sa Revue Ben-Dieu et un ensemble de documentation reprenant des catalogues rares, des livres et des tracts. Ben communique, comme il l’affirme dans une sérigraphie (L’essentiel est que je communique, lot 179) et comme il ne cesse de l’illustrer dans un travail prolifique où il donne son avis sur tout, souvent avec un brin d’impertinence, de naïveté et d’humour. N’a-t-il pas écrit On parle trop de Broodthaers pas assez de Ben (lot 161) ! Gonflé, l’artiste ne mâche pas ses mots, pas plus qu’il ne cache ses états d’âme. Pas d’enrobage dans son art qui a le don de bouleverser nos certitudes avec une simplicité déconcertante. L’homme a l’œil et le mot juste. Il s’approprie le monde pour en faire son atelier selon le credo Tout est art et tout est possible en art.

Créateur génial et grand communicateur, il donne matière à penser et à douter. Ses œuvres sont présentes dans les plus grandes collections de la planète et ses thèmes de prédilection sont ceux de tout être humain : l’ego, la mort, le sexe, la nouveauté, l’argent ou l’art, comme dans cette composition mixte où on le voit submergé par des livres qui l’envahissent comme une marée inexorablement montante. Il y en a trop, dit-il les bras en l’air, presque englouti par l’outremer qui le cerne. Ce faisant, l’artiste pose la question de l’inflation des produits – y compris culturels – dans une société consumériste qui est la nôtre, d’un bout à l’autre du globe ! On était en 1985, il y a donc 30 ans. Où en est-on aujourd’hui ?

 

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