Ivan Constantinowich Aivazovsky (1817-1900), Bateau coulant, 1889, huile sur acajou, 26,9 x 20,6 cm, estimation 50-60.000 euros, vente du 23 avril 2015 chez Dorotheum à Vienne (lot 1228) – www.dorotheum.com

C’est reparti pour la traditionnelle semaine de ventes d’avril au Palais Dorotheum à Vienne ! L’antenne bruxelloise de la prestigieuse maison a déjà eu l’honneur d’exposer en mars dernier quelques lots triés sur le volet, dont plusieurs œuvres de la famille Brueghel ainsi qu’un très bel exemple du caravagisme du Nord avec les Musiciens de Jan van Bijlert, un Portielje…  et cette terrifiante marine due à un peintre russe d’origine arménienne. Méconnu chez nous, Ivan Aivazovsky (1817-1900) a pourtant connu de son vivant une renommée internationale considérable. Fêté par Turner et Delacroix, il a été le premier artiste étranger à être décoré de la Légion d’honneur française. Il a laissé plus de 6000 œuvres dont environ la moitié sont des marines ! Il a d’ailleurs eu, il y a quelques années, une grande exposition au Musée national de la Marine à Paris.

L’homme, né en Crimée sur les bords de la mer Noire, fut de tout temps fasciné par la mer. Il la peignit inlassablement, sous toutes ses formes – tantôt furieuse, tantôt calme – et à toute heure du jour et de la nuit. Dès la fin de ses études à l’Académie de Saint-Pertersbourg, Ivan Aivazovsky voyage en Crimée pour peindre des marines et naviguer sur différents vaisseaux russes. En 1845, il est nommé peintre de l’état-major de la Marine russe et participe à plusieurs expéditions de la flotte russe. Même si par la suite il se retirera dans sa ville natale de Théodose pour y aider ses compatriotes arméniens – notamment en fondant une école d’art –, la mer restera toujours son sujet de prédilection. L’huile mise aux enchères par Dorotheum témoigne de la dimension romantique de son œuvre. Elle est typique de son art vibrant au rythme des flots et des cieux changeants. Ici, l’heure est à la tempête : la mer est déchaînée et le navire est en péril, prêt à sombrer. La forte lumière au premier plan accentue l’impression dramatique du moment. La dimension émotionnelle est à son comble avec cet arrière-plan si sombre que même l’horizon est instable. L’instant est suspendu. Aussi pour la destinée de l’œuvre dont le dénouement est prévu le 23 de ce mois.

Bateau coulant, 1889, Dorotheum, Vienne

Bateau coulant, 1889, Dorotheum, Vienne

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