Armand Simon (1906-1981), Nu féminin surréaliste, crayon sur papier, 24 x 17,5 cm, estimation 250-350 euros, lot 205, mis en vente chez BAA le 31 mars 2015 – www.ba-auctions.com

Ce dessin signé Armand Simon sera mis aux enchères par BA-Auctions le 31 mars prochain. Il fait partie des quelque 300 lots rassemblés par l’équipe La Pipe-Maenaut-Serck pour sa vente de printemps. Y figurent de très grosses pièces – un Rodin, un Frans Francken II, un Anto Carte – mais c’est sur cet artiste du Borinage actuellement à l’honneur au Musée de Mariemont dans le cadre de la très belle exposition « L’Ombilic du Rêve » que nous nous arrêterons. Les deux dessins qui sont proposés par la salle permettent d’entrevoir l’univers sombre et torturé de cet homme qui , comme l’écrit Sofiane Laghouati , « jour après jour, pendant près de cinquante ans, coupé du monde la plupart du temps – à l’exception de ses livres et de quelques amis et épistoliers – a dessiné, sombrant peut-être dans le pathologique, ses obsessions, ses pulsions ». Ce dessin montre une femme nue en proie à un enlacement végétal (ou cellulaire ?) – à moins qu’il ne s’agisse d’une contamination bactérienne qui semble déjà prendre possession de son visage. Cette composition parle du couple, du corps fantasmé, maltraité, comme sorti de son être le plus profond. C’est que le dessin fut une nécessité pour cet homme angoissé, tourmenté par le sexe, la mort, la décomposition. A l’instar des surréalistes qu’il fréquenta un temps, ses dessins sont à appréhender comme une écriture automatique. Il expliquera lui-même dessiner par automatisme : « Quand je prends une feuille de papier, je ne sais absolument pas ce que je vais dessiner. Tous mes dessins sont automatiques ». Démarche troublante que celle de cet homme né à Pâturages, qui découvrit à 17 ans les Chants de Maldoror. Ce fut une révélation. Armand Simon qui jusqu’alors avait surtout écrit, se lança dans l’aventure plastique, cherchant un équivalent graphique à l’œuvre de Lautréamont. Des corps difformes ou démembrés, des hybridations monstrueuses avec une bonne dose d’érotisme sont les éléments d’un monde où la sexualité est toxique et dangereuse. Toute son œuvre tourne autour du rêve, du féminin et de la mort. Rien n’y est calme ni ordinaire. Les corps sont volontiers atrophiés avec des organes étranges ou étrangers. Certaines parties sont découpées, d’autres sont accentuées, déformées ou adjointes de prolongements aux accointances animales et parfois fantastiques. L’ensemble paraît saugrenu, décalé mais surtout terrifiant. Il y a du surréalisme dans l’air mais aucun code ni stéréotype. Toute logique est bannie, toute explication cartésienne aussi. C’est toute la richesse de son art dont certains ont vu des parallèles avec l’art brut.

Armand Simon, Nu féminin surréaliste, BA-Auctions

Armand Simon, Nu féminin surréaliste, BA-Auctions

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