Lucien de Roeck eut son heure de gloire pendant et après l’Expo 58. Il fut l’inventeur de la fameuse étoile à 5 rayons irréguliers (représentant les cinq continents), avec l’hôtel de ville de Bruxelles au centre. Ce dessin pour une affiche et du matériel de promotion a été copié massivement (cendriers, services, porte-clé etc.) sans aucun souci pour les droits d’auteur. C’était possible et facile à l’époque.
Et De Roeck était trop occupé pour s’en occuper ou réagir. Il donnait des cours à La Cambre (typographie) où il avait fait ses études, tout comme sa femme, Adrienne Van Emden (elle en arts du tissu). Il enseignait la lettre – une incitation à la précision. Et, entretemps, il faisait des esquisses de ses élèves, dont Alechinsky, Michel Olyff et Folon.
Il dessinait pour plusieurs journaux, La Cité, Le Phare, Le Quotidien et Pan. Il faisait le métier de reporter graphique, disparu depuis. Il ne se promenait jamais sans carnet de dessin, dans les salles d’exposition et de spectacle, mettait ses dessins au net la nuit et les apportait à la rédaction le lendemain matin ! Des carnets, vous en voyez quelques piles dans l’exposition – il paraît que la maison en était pleine !
Si son affiche pour l’Expo le rend célèbre, au point de recevoir une décoration, ce n’est pas son premier succès. Il s’était déjà fait remarquer en 1934 – il terminait alors ses études – par un projet novateur pour la malle Ostende – Douvres, avec le nouveau bateau Prince Baudouin, un des plus rapides de l’époque. D’où le grand chiffre 3 (pour 3 heures de trajet) bien intégré dans l’affiche. En 1935, il produit une autre affiche très réussie Anvers, Port Mondial et Ville d’Art. Il est pour cette image encore influencé par le style paquebot, dominant à l’époque, mais dont il se débarrasse petit à petit, d’après Karel Scheerlinck, le spécialiste de l’affiche moderne en Belgique.
De Rouck aurait pu devenir un grand décorateur et même designer. N’avait-il pas donné des cours du soir, en 1943/1944, d’étalage, à l’Ecole des épiciers, commerce et distribution, à Bruxelles ? Mais on suggère dans le livre bilingue, qui paraît avec l’exposition, qu’il se sentait bien plus proche du côté artistique que de la dimension économique de ses œuvres. C’est bien belge cela, ajoute-t-on. Le livre est publié dans le cadre de l’exposition qui se tient au musée d’Ixelles jusqu’au 31 mai. (www.museedixelles.be)

Lucien De Roeck, De l’affiche à la lettre | Anne Carre, Hugo Puttaert, Karl Scheerlinck  | Lannoo-Racine | Couverture brochée  | 21 x 27 cm  | 111 pages, | 24,95 € | bilingue |  http://www.lannooshop.com/lucien

Lucien De Roeck, Racine - Lannoo

Lucien De Roeck, Racine – Lannoo

L'étoile de l'Expo '58, Lucien De Roeck

L’étoile de l’Expo ’58, Lucien De Roeck

Affiche Port d'Anvers, Lucien De Roeck

Affiche Port d’Anvers, Lucien De Roeck

La Malle Ostende-Douvres, De Roeck

Affiche Ostende – Douvres, De Roeck

Portrait de Jacques Brel, Lucien De Roeck

Portrait de Jacques Brel, Lucien De Roeck

Autoportrait, Lucien De Roeck

Autoportrait, Lucien De Roeck

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