Graveur et aquarelliste belge, René Carcan (1925-1993) n’avait pas de descendance. L’asbl qu’il créa en 1990 avait pour but de développer l’art de la gravure. Son atelier devint chaque année centre d’accueil pour deux étudiants en gravure hors frontières, la fin de l’année académique étant couronnée par une exposition personnelle de leurs travaux. Vingt ans après sa disparition, l’Espace René Carcan, en partenariat avec la Fondation Roi Baudouin, se transforme en Prix International de Gravure René Carcan, dont la première édition a eu lieu en 2014.
Ce sont des artistes graveurs du monde entier qui ont envoyé leur candidature pour ce Grand Prix doté d’un montant de 5000 €, présentant quatre œuvres réalisées au cours des trois dernières années au moyen d’une des techniques admises : taille douce, lithographie, linogravure, xylogravure, sérigraphie et monotype.

Ouvert aux graveurs et aux étudiants en gravure de toute nationalité et sans limite d’âge, ce concours biennal a remis ses prix en février 2015. Le jury, formé de six personnes, artistes ou spécialistes de la gravure, fut présidé par Maurice Pasternak, important graveur (à la manière noire) belge qui eut une rétrospective au Centre de la Gravure de La Louvière en 2001. Ce prix international s’ajoute dans le paysage belge à la Biennale internationale de la Gravure de Liège, dont c’est la dixième édition cette année.

C’est un Japonais, Masaharu Imamiya (1979), qui vit et travaille à Londres, qui a remporté le Grand Prix du jury.  » How can I visualize the sound of predicament? How can I visualize the sound of love? How can I visualize the sound of hate? How can I visualize the sound of past? How can I visualize the sound of present? « , se demande-t-il dans sa présentation. A la taille douce, il enchaîne de multiples personnages, dans diverses positions, comme une longue écharpe d’émotions entremêlées.

Le Deuxième Prix est attribué à la belge Colette Cleeren (1953), de Anvers. Graveuse, dessinatrice et peintre, elle présente des œuvres qui intègrent papiers dorés (de paquet de cigarette) qui seront fixés sous la gravure au moment du passage dans la presse. Le résultat est d’une rare délicatesse. Le Prix du Public va au Canadien Samuel Kerson (1946) qui a présenté des linogravures en deux ou trois couleurs, d’une grande puissance graphique. La Mention Honorable est remise à Thierry Mortiaux (1973), qu’on avait découvert au Salon d’Art en 2013, pour des gravures à la taille douce. S’y dit un monde grotesque, théâtre du meilleur et du pire du monde des humains.

Tous les autres artistes sélectionnés font bien sûr partie de l’exposition. Pointons la Suisse Sandra Baud, dont les linos aux couleurs claquantes avaient été vues à Liège en 2013.

Prix Carcan
Musée BELvue
7 place des Palais
1000 Bruxelles
Du mardi au vendredi de 9h30 à 17h
Samedi et dimanche de 10h à 18h
jusqu’au 22 mars

Imamiya Masaharu, Onomatopée II, Prix Carcan, Grand Prix du jury

Imamiya Masaharu, Onomatopée II, Prix Carcan, Grand Prix du jury

Imamiya Masaharu, Onomatopée I, Prix Carcan, Grand Prix du jury

Imamiya Masaharu, Onomatopée I, Prix Carcan, Grand Prix du jury

Colette Cleeren, Gold on Gold, Prix Carcan

Colette Cleeren, Gold on Gold, Prix Carcan

Colette Cleeren, Double the trouble II, Prix Carcan

Colette Cleeren, Double the trouble II, Prix Carcan

Sam Kerson, Claire and her didgeridoo, Prix Carcan

Sam Kerson, Claire and her didgeridoo, Prix Carcan

Sam Kerson, Picking figs in Italy, Prix Carcan

Sam Kerson, Picking figs in Italy, Prix Carcan

Sam Kerson, Danse Voltige, Prix Carcan

Sam Kerson, Danse Voltige, Prix Carcan

Thierry Mortiaux, Noces orientales, Prix Carcan

Thierry Mortiaux, Noces orientales, Prix Carcan

Thierry Mortiaux, Le Doudou, Prix Carcan

Thierry Mortiaux, Le Doudou, Prix Carcan

Thierry Mortiaux, Couple en été, Prix Carcan

 

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