Anto Carte, L’aveugle et le paralytique (ca.1926-1930), huile sur toile, estimation 140-200.000 euros, vente du 7 mars 2015 chez De Vuyst à Lokeren (Iot 242), www.de-vuyst.com

Le peintre belge d’origine montoise, Anto Carte (1886-1954) réalisait il y a un an son record mondial chez De Vuyst avec ses Marins regardant la mer. Ce 7 mars, l’artiste que l’on compare volontiers à Gustave Van de Woestijne, réitère le défi avec une grande toile intitulée L’aveugle et le paralytique. Cette œuvre achetée directement à l’artiste par le collectionneur Georges Lacroix est restée dans la famille de l’industriel jusqu’à ce jour. Son estimation de 140-200.000 euros est largement en dessous des 348.900 euros de son record. Tous les yeux seront donc rivés sur cette peinture, typique de l’art de notre Wallon de renommée internationale, comme en témoignent les nombreux musées du monde – de Mexico à Riga, en passant par Pittsburgh, Venise ou La Louvière – qui conservent ses œuvres. Artiste expressionniste et symboliste, il peint des sujets religieux, des paysages, des scènes de genre et accorde une grande importance à l’humain. Il représente la vie des mineurs, des ouvriers, des marins, des femmes, des enfants… Il reprend ici le sujet d’une fable qui a été traitée par de nombreux artistes parmi lesquels le sculpteur français Jean Lurcan qui réalisa en 1883 un très beau groupe en marbre considéré comme l’une de ses réalisations majeures. S’il existe une certaine parenté entre ces deux créations, on songe davantage à une filiation avec Breughel dans le choix des personnages et de la composition. Les deux figures monumentales de l’aveugle et du paralytique s’aidant l’un l’autre évoluent dans un seul élan au premier plan d’un paysage brabançon où l’on peut reconnaître le clocher de l’église du village d’Ohain. La composition recherchée, le traitement des personnages aux connotations breughéliennes, la rigueur du trait sont caractéristiques de cet artiste qui fut un dessinateur hors pair. Une litho et deux timbres ont été réalisés d’après ce tableau plaidant pour l’entraide entre les hommes : « aidons-nous mutuellement, la charge des malheurs en sera plus légère ». Une aquarelle pour un vitrail du même artiste figure également au sommaire de cette vente qui compte près de 700 lots et pas mal de grands noms, belges et étrangers, parmi lesquels Spilliaert, De Smet ou Fabre pour les premiers et Paul Klee, Jim Dine, Zadkine ou Foujita pour les seconds. Délibération le 7 mars 2015.

Anto Carte, L’aveugle et le paralytique, De Vuyst

Anto Carte, L’aveugle et le paralytique, De Vuyst

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